La contradiction sur la fin de Joïaqim (voir ci-dessus
436 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [560 av. J.-C]
pages du Livre des Rois, depuis Manassès. L'abréviateur qui, à force de coups de ciseaux, a mis ces maigres annales dans Tétat où elles sont, ne vint probablement que plus tard.
L'édition de Jérémie se fit d'une façon singulièrement désordonnée et avec beaucoup d'indécision * ; les exemplaires ne se ressemblaient pas pour la distribution des surates, et, dans plusieurs de ces exemplaires, les disciples ne s'interdirent pas d'introduire des idées que le vieux prophète n'avait pas aussi clairement énoncées ^ Plus tard, on y fit des interpolations plus fortes encore ^ Peu de livres furent lus et commentés avec autant de passion ; chaque lecteur mit ses réflexions à la marge de son manuscrit; puis ces notes marginales passèrent dans le texte. A vrai dire,resprit de l'école était si absolu, que la voix du disciple et celle du maître peuvent quelquefois sans grand inconvénient être confondues.
p. 300) ne doit pas trop arrêter. Dans l'édition des prophètes, ou ne s'imposa pas toujours de retrancher les prophéties non accomplies. Les soucis apologétiques n'existaient point alors.
1. Répétitions provenant du désordre des feuillets. Jér., x, 12 et suiv.; li, 15 et suiv.
2. Nous avons en réalité deux éditions de Jérémie, celle du texte hébreu actuel et celle qui est représentée par la version grecque alexandrine.