‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 289 sur 348 · Is., LViii, 3 et suiv.; Zach., vii, 1 et suiv.; viii · texte numérisé non relu

Is., LViii, 3 et suiv.; Zach., vii, 1 et suiv.; viii

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semble, dans un assez grand désordre. Nous les verrons bientôt interpolées de la façon la plus grave. Peut-être, dans quelqu'une des éditions qui s'en firent, place-t-on en tête cette mise en scène inaugurale*, analogue à celles qu'on lit en tête de Jérémie et d'Ézéchiel, où lahvé apparaît, au fond du sanctuaire, entouré de saraphes% sphinx doués de six ailes, analogues aux cherubs. Isaïe craint de mourir; car il a vu Dieu; ses lèvres sont impures ; un des saraphes prend sur l'autel des parfums un caillou brûlant et le promène sur ses lèvres. Il est désormais apte à parler au nom de lahvé.

Nous verrons bientôt que le prophétisme garda, tout le temps de la captivité, d'illustres continuateurs, toujours dans la ligne la plus pure du génie d'Israël. On écrivait parfaitement encore; les anciens livres étaient comme des classiques qui maintenaient la langue et qu'on cherchait à imiter. L'influence orientale qu'on prétend s'être exercée

J. Maintenant cli. vi. La date donnée en tête semble prise du titre, I, 1. On tenait à ce qu'Isaïe eût prophétisé sous Ozias; mais, comme cela faisait une carrière très longue, on se bornait à la dernière année.

2. Ces êtres fantastiques ne figurent qu'ici. Leur origine est tout à fait incertaine. Voir Dieulafoy, VArt antique de la Perse^ 1'^ partie, pi. xvii.

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sur les juifs transportés se réduit à presque rien. Loin de s'ouvrir aux idées du dehors, Tesprit juif se concentre plus que jamais en lui-même, dans ses traditions, dans ses passions, dans ses haines. Il ne rêve que de Jérusalem. Le juif d'alors, à l'étranger, allait, comme aujourd'hui le musulman, les yeux fermés, et n'apprenait rien\ Aucune donnée scientifique ne pénétra dans ces consciences fermées. Les idées de cosmogonie chaldéenne dont on trouve la trace dans la première page de la Genèse viennent d'emprunts bien plus anciens. Babylone, au vf siècle avant Jésus-Christ, n'était guère en mesure dedonner des leçons de théologieépurée " ; en tout cas, les deuxjuifs les plus éminents de cette époque, le poète du Super flumina et l'auteur de la seconde partie d'Isaïe ne doivent certainement rien à l'influence de cette Babel dont ils appellent ou saluent la ruine. Les changements

1. On peut citer, à cet égard, l'exemple d'Abdelkader, qui, placé dans les meilleures circonstances pour s'instruire, s'en tint à sa vieille culture arabe, singulièrement pauvre.

2. Les erreurs répandues en ce qui concerne l'influence de la captivité sur les Juifs viennent des fausses idées qu'on se faisait autrefois de l'ancienneté de l'Avesta. L'Avesta est relativement moderne, et d'ailleurs, eût-il existé au vi'' siècle avant notre ère, comment aurait-il exercé une influence à Babylone avant Cyrus?

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dans Tesprit juif qu'on rapporte à la captivité se rapportent plutôt à la restauration de Zorobabel et de Josué fils de Josadaq, et tous ces changements sortent, par une logique inflexible, de l'ancienne conception israélite, telle que Técole d'Élic, les prophètes du viii^ siècle, Isaïe, les anavim, Jérémie, Ézéchiel l'avaient formulée.

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