‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 305 sur 348 · III · texte numérisé non relu

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466 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [53G av. J.-Cl

sion de Babylone au nom de son père (car, selon ces données nouvelles, Cyrus ne prit pas la ville en personne), aurait sacrifié aux dieux du pays. Cyrus, faisant son entrée dans la ville trois mois après, aurait adressé une proclamation au peuple pour annoncer qu'il prenait la royauté du consentement des dieux nationaux. Mardouk, irrité de l'abandon où Nabonahid le laissait, s'était vengé en appelant Cyrus et en l'excitant à marcher contre Babylone. Lui-même avait conduit l'armée perse; Cyrus était son ami, son favori. 11 n'est nullement impossible que l'adulation sacerdotale soit allée à ces excès. Selon les récits turcs, les Français, en 1830, prirent Alger par ordre du sultan, pour punir la rébellion du dey. Mais, aux yeux des Israélites, Cyrus n'en fut pas moins le destructeur des idoles de Babylone. 11 apparut ainsi aux prophètes comme une sorte de iahvéiste, comme un mesi/t, un Oint, un homme envoyé par lahvé. Dieu lui-même le proclame (( l'homme de ses conseils^ i>. En partant des idées chrétiennes sur la vie d'outre-tombe, ce rôle d'un païen est difficile à comprendre. Dieu se serait du à lui-même de convertir à la vraie foi un homme placé si haut dans l'exécution de ses des-

1. IDTJ t:'\y. Is., xLvi, 11. Comp. xLi, 25; xlui, 1 ; xliv, 28; XLV, 1 ; XLViii, 14.

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seins. Avec le paradis et Tenfer, il n'y a que des élus et des réprouvés. Mais, d'après les anciennes idées juives, toute la destinée de Tindividu se passant dans le cadre de la vie présente, Dieu a une bien plus grande largeur d'action. L'Église chrétienne a été obligée de faire de Constantin et, jusqu'à un certain point, de Gharlemagne des saints, au moins des chrétiens. Gyrus, selon les Juifs, a pu écrire : <k lahvé, Dieu du ciel, m'a donné tous les royaumes de la terre ^ », sans avoir pour cela l'idée de se faire juif.

Certes la théorie juive de la Providence était sujette à une grave objection, qui l'eût arrêtée, si le rationalisme avait été alors quelque peu exigeant. Pourquoi lahvé se sert- il toujours de voies obliques pour proléger son peuple? S'il est tout-puissant et s'il veut qu'Israël soit le centre du monde, à quoi bon ces intrigues pour obtenir par Cyrus et Nabuchodonosor ce qu'il lui serait si facile d'obtenir directement, en donnant sans ambages la royauté pantarchique à son peuple? Cela n'est pas conséquent, lahvé récompense le pieux Israélite en lui faisant obtenir de bonnes places d'intendants, de chambellans, de domestiques favoris auprès des grands personnages; certes il serait plus logique

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