Is. XLiv, 6, Lxvi, \ et suiv
502 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [536 av. J.-Cl
nier aboutissant de trois siècles du plus grand effort religieux (le christianisme excepté) dont l'histoire ait gardé la trace visible. Avec lui nous sommes au haut de la montagne d'où l'on aperçoit Jésus sur le sommet d'une autre montagne, et dans l'intervalle une bien grande dépression.
Par l'élévation du sentiment, la hardiesse des tours, l'eurythmie toute classique des images, le nombre de beaux mouvements qu'il a fournis à la mysticité chrétienne, le prophète de 536 occupe dans la littérature hébraïque une place à pari. L'onction et la douceur de sa parole^ en font déjà presque un chrétien. L'atmosphère lumineuse de son livre est la même que celle de l'Évangile. Son lahvé commence à se fatiguer du rôle singulièrement dur que lui ont prêté les anciens prophètes ; il ne songe plus à tout détruire; il serait fâché, par trop de rigueur, de supprimer l'humanité.
Je ne veux pas disputer sans trêve
Être toujours en colère;
Car l'esprit finirait par s'éteindre devant moi,
Ce souffle que j'ai créé^.