‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 39 sur 348 · Toutes les compilations orientales sont dans ce cas. Le · texte numérisé non relu

Toutes les compilations orientales sont dans ce cas. Le

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ficateiir paraissent s'être bornées à peu de chose; on les remarque surtout dans l'histoire de Joseph.

Là est l'essentielle différence de Vépos hébreu et de Vépos grec. Les Grecs eurent du génie jusque dans la compilation. Leur Homère, malgré plus d'un hiatus, est un prodige d'harmonie. L'Histoire sainte des Hébreux renferme des pages admirables; mais la lecture suivie en est très pénible. Le moyen âge sera dans le vrai en y taillant des sujets pour des images et des moralités. Les deux composants étaient deux chefs-d'œuvre de récit simple et naturel; le texte unifié est une marqueterie, un raboutage de découpures mal jointes, un tas de diamants taillés pour un autre arrangement.

Pour dresser une Histoire sainte qui pût remplacer avec avantage les deux récits parallèles, l'unificateur n'avait-il pas quelques autres documents, dont il ait cru devoir tenir compte dans son œuvre d'harmonisation? Nous avons vu que le jéhoviste, en composant son livre, eut devant les

dernier venu absorbe ses devanciers, sans se les assimiler; si bien que la compilation la plus récente a toujours dans son ventre, si l'on peut s'exprimer de la sorte, les morceaux des ouvrages antérieurs à l'état cru. Ainsi Mar Ibas Cadina est tout entier dans Moïse de Khorène ; Tabari a été mangé par ceux qui l'ont suivi; Firdoussi a absorbé les livres des Rois antérieurs; une fois il a eu l'honnêteté d'en avertir.

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yeux des écrits plus anciens, les Légendes patriarcales des tribus du Nord et le lasar ou Livre des guerres de lahvé. Il est presque certain que Tunificateur, et en général, les lettrés d'Ézécliias possédaient encore ces deux livres, en d'autres termes, que la rédaction jéhoviste n'avait pas fait disparaître ses sources, ainsi que cela est arrivé si souvent en histoire. Nous en aurons bientôt la preuve pour le /rt.9ar. Quant aux Légendes patriarcales du Nord, on est presque obligé d'admettre que l'unificateur les avait entre les mains en même temps que la rédaction jéhoviste.

Un fait bien remarquable, en effet, c'est que l'unificateur, dans plusieurs cas, paraît reproduire le texte des Légendes patriarcales du Nord, même quand il a reproduit le texte jéhoviste. Les légendes du Nord, par exemple, présentaient un récit cher aux conteurs d'histoires patriarcales. Abraham, chez Abimélek, roi de Gérare, était amené à faire passer sa femme pour sa sœur. Ce sujet avait fourni au jéhoviste deux récits distincts, Tun mis sur le compte d'Abraham en Egypte, l'autre mis sur le compte d'Isaac à Gérare. L'unificateur a emprunté au jéhoviste ces deux récits * ; mais cela ne lui a point suffi. Au chapitre xx de la Genèse, il

i. Gen., ch. xii et xxvi.

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nous a conservé le texte primitif des Légendes du Nord. La même observation peut être faite à propos de plusieurs autres épisodes, en particulier en ce qui concerne le sacrifice d'Isaac, l'économie politique de Joseph, les légendes sur Ismaël, sur Caleb, sur la famille de Moïse. On peut admettre également que, dans la section dite des Nombres % certains passages du lasar ou du Livre des guerres de lahvé, qu'avait négligés le jéhoviste, ont été repris par l'unificateur. Le rôle de celui-ci, en un mot, n'a pas uniquement consisté à fondre deux textes ensemble ; sa lâche a été plus compliquée : voulant en finir avec les rédactions plus anciennes, il a tenu à transcrire dans sa rédaction tout ce qui lui paraissait intéressant. Il savait que le livre des Légendes du Nord ne survivrait pas à l'emploi qu'il en faisait; il a voulu l'épuiser en quelque sorte ".

C'est la loi de l'historiographie orientale, en eiïet, qu'un livre tue son prédécesseur. Les sources d'une compilation survivent rarement à la compilation même. Un livre, en Orient, ne se recopie guère tel qu'il est. On le met au courant en y ajoutant ce que l'on sait ou croit savoir d'ailleurs. L'individualité

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