Ch. XXI
2. Cela est surtout sensible dans les récits sur Jacob, Gen., XXX, XXXI. Pour Ismaël, notez Gen., xxi, 8-21 .
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du livre historique n'existe pas en Orient; on tient au fond, non à la forme; on ne se fait nul scrupule de mêler les auteurs et les styles. On veut être complet, voilà tout.
Le volume qui sortit de ce travail d'unification formait à peu près la moitié de THexateuque actuel. Il y manquait le Deutéronome, tout l'ensemble des lois iévitiques et plusieurs récits de la vie de Moïse faisant double emploi avec les récits déjà adoptés par Tunificateur, et que plus tard on emprunta aux Yies des prophètes. Les plus belles parties du nouveau livre et les plus développées étaient prises au récit jéhoviste. C'est grâce à la préférence que leur a donnée l'unificateur que ces vieux récits d'Israël ont passé à la postérité et ont été l'objet de l'admiration de tous les siècles. Le texte élohiste, cependant, obtint sur un point le triomphe le plus complet. Nous ignorons ce qu'était, dans le jéhoviste, le récit de la création. Il était sans doute moins beau et moins complet que celui de l'élohiste. C'est ce qui décida l'unificateur à commencer son ouvrage parla page solennelle qui servait de début à Télohiste : Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Pour toute l'histoire des origines de l'humanité, l'unificateur garde le cadre de l'élohiste, en y insérant de longs morceaux du jéhoviste, si
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bien que Ton peut dire que les premières pages de l'élohisle, jusqu'à Tentrée en scène d'Abraham, nous ont été conservées entières. Les six premiers fragments élohistes, en effet, mis à la suite les uns des autres, font une narration continue, ce qui n'a pas lieu pour les fragments jéhovistes; on sent entre ceux-ci des lacunes considérables. Il semble que, dans l'esprit de l'unificateur, la rédaction élohiste avait une certaine primauté, comme rédaction particulièrement juive et hiérosolymitaine; son plan était de la compléter au moyen de l'autre rédaction. Seulement, il est arrivé que les suppléments ont dépassé en étendue et en importance le texte qu'il s'agissait d'amplifier.
La partie législative était représentée, dans le texte unifié, par le Livre de l'Alliance conservé intégralement, et par le Décalogue tel qu'il est dans l'Exode. Il n'est sûrement pas impossible que quelques-unes des prescriptions amenées par la formule : « Et Dieu dit à Moïse... y> qui maintenant font partie des prescriptions lévitiques, existassent dès lors. Il est probable que le temple eut de bonne heure des règlements écrits, le code des lépreux*,
i. Le Deutéi-onome, xxiv, 8, se réfère à un code des lépreux, qui se trouve en effet dans le Lévitique, xiii, xiv.
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la liste des choses impures^ peut-être le code des sacrifices", les articles sur les offrandes, les vœux, les impuretés légales; mais ces petits codes formaient des livrets à part, non fondus dans THistoire sainte; ils n'ont été réunis que plus tard, sans doute après la captivité, pour former l'ensemble des lois qu'on peut appeler lévitiques^. En somme, les quinze premiers chapitres du Lévitique, en y ajoutant le vingt-septième chapitre \ peuvent fort bien avoir existé, au moins pour le fond, du temps de l'ancien temple. Plus lard, on aura repris ces prescriptions sacerdotales en les adaptant au temps
i. Des deux listes de choses impures données dans le Lévitique, XI, et dans le Deutéronome, xiv, celle du Lévitique est hi plus ancienne, la plus naïve. Il est admissible qu'en de pareilles listes, on ait retranché des défenses qui pouvaient faire sourire ; il l'est moins qu'on ait ajouté des animaux infects dont personne, à une époque un peu civilisée, ne pouvait être tenté de manger.
2. Lévit., i-vii. On croit remarquer, cependant, que ce petit traité des sacrifices présente un état de culte postérieur à celui qui résulte du Deutéronome. — Pour les mélanges hétérogènes, et pour quelques autres points où le Lévitique paraît antérieur au Deutéronome, voir ci-après, p. 213, note 2, et p. 232, note 1.
3. Ces Pandectes s'étendent éparses de Exode, xxiv, à Nombres, XX, englobant le Lévitique entier. Plusieurs chapitres de celte partie du Pentateuque sont anciens; mais de grandes additions ont été faites lors de la restauration du culte après la captivité.
i. Tous les passages où le Deutéronome paraît s'appuyer sur des textes lévitiques antérieurs se trouvent dans ces chapitres.
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de la restauration et en les faussant par de singulières hypothèses, telles que les villes lévitiques, Vohel moëd.
Les esprits animés d'un sentiment religieux élevé, comme Isaïe, n'étaient nullement partes vers les pratiques rituelles. Mais tout le monde n'était pas dans ce cas. La piété pousse d'ordinaire aux scrupules et aux observances. Quand les railleurs, pour se moquer des prophètes, allaient répétant sur leur passaged'un ton nasillard : Qav laqav, sav lasav\ « règles sur règles, lois sur lois », ils marquaient bien le commencement de la casuistique rituelle, qui plus tard devait dévorer Israël. Un dicton sans cesse répété était celui-ci :
De Sion sortira la Thora,
Et la parole de lalivé de Jérusalem -.
Le mot d'ordre des prophètes était lahvé mehoqefjénou, (( lahvé est notre législateur'^ ». L'esprit qui se traduira dans cent ans parle Deutéronome était déjà en germe dans l'école d'Isaïe. Outre le Livre de l'Alliance, dont quelques parties avaient vieilli, et le Décalogue, toujours jeune, il y avait peut-être des petites Thoi^a, si l'on peut s'exprimer ainsi, telles
i. Isaïe, XXVIII, 10.