Jofo, XIV
[710 av. J.-C] LE ROYAUME DE JUDA SEUL. 83
de celui de Job, à huit siècles de distance, se contente de la même solution^ Tobie est frappé de cécité dans l'exercice d'un acte pieux; le cas, par conséquent, est plus étrange encore que celui de Job. Tobie persiste à espérer en lahvé. 11 est guéri; il meurt très vieux, voit ses enfants bien établis, Ninive, l'ennemie de son peuple, ruinée. Que pouvait-il désirer de plus? Judith a également pour récompense de vivre cent vingt ans, et de mourir entourée d'honneurs, au milieu de son peuple, sauvé et heureux par elle^ Les malheurs qui arrivent aux fidèles de lahvé sont une épreuve passagère. lahvé se doit de les en tirer et même de leur donner une compensation pour ce qu'ils ont souffert. Cette compensation a toujours lieu dans cette vie. La mort n'a rien dont l'homme puisse se plaindre, quand il meurt vieux, en laissant derrière soi une famille nombreuse pour conserver son nom.
Cette théorie enfantine était chaque jour plus ébranlée; il faudra six siècles encore, il faudra des martyrs pour qu'Israël sorte de ces deux dogmes î»conciliables : «Dieu est juste; l'homme est passager», par l'expédient désespéré de la résurrection