Allusion aux machinations de Sebna et de son parti
94 HISTOIHE DU PEUPLE D'ISRAËL. [70i av. J.-C.
artisans de trames profondes, croyant cacher leurs desseins à lahvé, travaillant dans les ténèbres et disant : « Qui peut rien voir à ce que nous faisons?» 0 perversité! Le potier pas plus estimé que l'argile ! L'œuvre disant de l'ouvrier : « Je ne le connais pas » ! Le vase disant de celui qui Ta fabriqué : « Il n'y entend rien . ■»
L'Ethiopie a envoyé des messagers en Judée. Le prophète défend qu'on les écoute. Tant que lahvé le veut, la force sera aux Assyriens. Quand lahvé le voudra, les Assyriens seront écrasés ; leurs cadavres couvriront la Judée, et sei^viront de proie aux oiseaux. Alors les Éthiopiens reviendront pour offrir des offrandes à lahvé ^ Le triomphe des anavim, des ébionim sera complet. Ce sera la fin des violents {arisim), des railleurs (lécim), des juges iniques, des pervertisseurs du droit. Les égarés reviendront à la sagesse; les rebelles se pliei^ont à l'instruction.
L'assassinat de Sargon, dans son palais de Khorsabad, vers 704, ne fit qu'accentuer, dans les provinces, le mouvement de révolte contre la puissance ninivite. Sennachérib, fils et successeur de Sargon, eut presque à reconquérir tout ce que son père avait
1. Il est remarquable que les Éthiopiens sont toujours montres par les prophètes comme ayant de la propension vers le culte de lahvé et qu'ils sont pour ce motif traités avec plus de faveur que les autres goïm^
[703 av. J.-C] LE ROYAUME DE JUDA SEUL. 05
tenu par la force\ Élulée, roi de Sidon, refusa le tribut, et son exemple fut suivi par le roi d'Askalon. Les habitants d'Ékron, mécontents de Padi", que Sargon leur avait donné pour roi, se saisirent de sa personne et l'envoyèrent à Ézécliias. C'était en même temps lui faire don de leur ville. Ézéchias accepta; mais, au lieu de mettre Padi à mort, comme le voulaient les Ékronites, il se contenta de le retenir prisonnier. Plus prudents qu'Élulée et Ézéchias, les petits princes d'Arvad, de Gebal, d'Asdod, les rois de Moab et d'Ammon gardèrent la neutralité jusqu'à ce que la fortune se décidât d'un côté ou de l'autre.
A Jérusalem, le parti militaire et patriote poussait vivement à ne pas manquer une occasion qu'il croyait excellente pour écraser l'éternel danger de la liberté de l'Orient. Ce parti militaire paraît avoir été presque indifférent en religion; ce n'était pas, du moins, des iahvéistes de l'école réformée ; ils ne repoussaient pas les images sculptées^; ils étaient durs, peut-être injustes envers les gens du peuple, comme le sont souvent les aristocrates.
1. Schrader, Die Keil. und dasA. T., p. 285 etsuiv. ; G. Smith, Uistory of Sennacherib (Londres, 1878); Maspero, p. 433 et suiv.