‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 71 sur 348 · Comp. Ps. cxv, 17-18, elle touchant ^1)^2, Ps. cxlvi · texte numérisé non relu

Comp. Ps. cxv, 17-18, elle touchant ^1)^2, Ps. cxlvi

3. On soupçonne ici quelque combinaison artificielle de l'historiographie hébraïque, influencée par les prophètes.

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avait de précieux: argent, or, parfums, armes, ustensiles de toutes sortes. Isaïe, qui voyait sans doute les conséquences d'une telle alliance, fut mécontent de cette imprudente exhibition. Il réprimanda vivement le roi, et lui annonça, dit-on, qu'un jour toutes ces belles choses seraient transportées à Babylone. Selon des récits relativement modernes, il aurait ajouté que plus d'un de ses descendants serait eunuque dans le palais du roi de Babel. Ézéchias d'abord ému, se serait rassuré en disant : « Bonne est la parole de lahvé! Pourvu du moins que la paix et la sécurité durent autant que moi!.. » Dans cette circonstance, du reste, Isaïe fut encore inspiré par une politique assez sage. La tentative d'indépendance babylonienne à laquelle on attache le nom de Mérodach-Baladan ne paraît pas avoir réussi*.

Le règne d'Ézéchias laissa les traces les plus profondes. Il vit ce qu'on peut appeler la fondation définitive du judaïsme, par l'espèce de précipité qui s'opéra entre les éléments divers tenus jusqu'alors en suspens dans la conscience israélite. Il y avait en quelque sorte deux iahvéismes, comme, de nos jours, il y a en réalité deux catholicismes, le

1. IL Winckler, Untersuchungen zur altorientalischen Geschichte (Leipzig, 1889), p. 55 et suiv.

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catholicisme modéré, qui n'est qu'une fidélité traditionnelle au culte établi, et le catholicisme exalté, qui a la fièvre en pensant à l'avenir de l'Église et de la papauté, qui exerce une propagande, qui s'oblige à n'avoir pas de rapports avec les mal pensants. On peut appartenir au culte catholique, même aller à la messe, sans être l'adepte du parti catholique, qui croit le catholicisme destiné à transformer le monde et à résoudre tous les problèmes sociaux. Sous la Restauration, quand les jésuites dominaient, on pouvait être très attaché à la religion de son pays sans appartenir à ce qu'on nommait <i la congrégation ». Au xvi" siècle, on pouvait se dire très sincèrement chrétien, sans suivre les réformés dans leur manie théologique et sans embrasser leur haine contre l'état religieux fort abusif que les siècles avaient consacré.

Il y avait de même, parmi les adorateurs de lahvé, des gens sensés, fort honnêtes à leur manière, qui n'aimaient pas l'extérieur d'affectation austère des prophètes et la part de charlatanerie qu'ils mêlaient à leur activité pieuse. Qu'on se rappelle les frérots, les papelards du temps de saint Louis et l'antipathie qu'ils excitaient. C'était comme une (( armée du salut )), importune, hautaine en son humilité, maîtresse du pouvoir, et à laquelle il

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fallait plaire pour arriver. Forte était la mauvaise humeur des gens sérieux, quand ils voyaient tirer de leur bouge des affiliés de la secte prophétique, qui passaient en une heure de la poussière aux plus hautes fonctions de l'État*. Toutes les fois qu'une coterie dévote s'empare ainsi du gouvernement, elle provoque de vives réactions. Une foule de haines se tenaient en réserve contre les miavim^ pour le jour où le protecteur royal viendrait à leur manquer.

Les piétistes sont essentiellement persécuteurs ; ils se plaignent fort, quand on les persécute; et pourtant ils trouvent très mauvais qu'on les empêche de persécuter les autres ; ils sont si sûrs d'avoir raison! Le roi fut plus sage que ses pieux amis; mais son entier dévouement à la cause des anavim avait excité dans la classe aristocratique des mécontentements qui devaient un jour éclater violemment. Les mondains et les pauvres de lahvé devenaient d'irréconciliables ennemis.

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