‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 98 sur 348 · Voir t. n, p · texte numérisé non relu

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160 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [627 av. J.-C]

Et la parole de lahvé me vint en ces termes i : c Avant de t'avoir formé dans le sein de ta mère, je te connaissais, et, avant que tu ne sortisses de la matrice, je t'avais consacré et posé en prophète pour les nations. -* Et je dis : c Ah ! ah ! Seigneur lahvé, je ne sais pas parler; je suis un enfant. » Et lahvé me répondit : « Ne dis pas : Je suis un enfant; car tu iras trouver ceux vers lesquels je t'enverrai, et, tout ce que je t'ordonnerai, tu le diras. Ne crains rien d'eux; car je serai avec toi. » Et lahvé étendit sa main, et il toucha ma bouche, et il me dit : « Voilà que je place mes paroles dans ta bouche. Vois, je te constitue aujourd'hui sur les nations et sur les royaumes, pour arracher et pour détruire, pour perdre et pour ruiner, pour bâtir et pour planter. »

Voilà des paroles que n'eût pas écrites Isaïe. Le prophète, selon Jérémie, est une sorte de pape infaillible, chargé de faire le discernement des choses^ et revêtu des pleins pouvoirs de lahvé. Il est le confident intime de lahvé. lahvé l'établit comme un mur contre les rois, les princes, les prêtres, le peuple^ La parole de Dieu est dans sa bouche un feu qui dévore*. Est-ce un démocrate, est-ce un souverain théocratique qui parle ainsi?

Cette théorie de la mission spontanée a sa grandeur; mais, appliquée aux institutions politiques, elle ne pouvait conduire qu'à Tanarchie. Comment distinguer, en effet, entre ceux qui se disaient éga-

1. Ch. I. Ce prologue général est peut-être du disciple éditeur.

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