‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 168 sur 274 · Daniel, ch. xi-xii · texte numérisé non relu

Daniel, ch. xi-xii

été jusque-là étrangers à toute critique. Les faux raisonnements qu'ils entendaient faire sur Homère et la vieille littérature grecque troublaient leur exégèse biblique, déjà si défectueuse par ellemême. Une connaissance superficielle des origines mythologiques et historiques de la Grèce, telles qu'on les savait à Alexandrie, les jeta dans un syncrétisme insensé. La manie de spéculer sur Orphée et sur Trismégiste amena les Juifs à imaginer des fables sans fin sur Abraham. Le génie de la vieille Bible avait depuis longtemps cessé d'être compris. Le rapprochement le plus superficiel leur suffisait pour identifier les épisodes bibliques avec des traits de la mythologie grecque ou des données mal comprises de l'ancienne érudition *. De pitoyables compositions historiques, souvent tout à fait frauduleuses, qui inspirèrent une confiance si peu justifiée aux apologistes juifs et chrétiens, sortirent de cette espèce de maladie que l'inoculation trop rapide de l'hellénisme produisit en Israël. Démétrius^ Aristéas^ Cléodème ou Malchus * paraissent

1. J'ai développé ce point dans mon mémoire sur SanchoniaihoïiyMém.de VAcad,desInscr.,t.XXlU, 2* partie, p. 241 et suiv.

2. Clém. d'Alex. , Strom., I, xxi; Eus . , Prœp. ev. , IX, xxi et xxix.

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