I Rois, xx, 35-43, ancien
2. II Rois, vm, 18, 26; I! Chron., xxn, 2. Voir ci-après, j>. 310, note.
|875 av. J.-C.J LES DEUX ROVAl'MES. 297
lés depuis la deuxième campagne de Benhadad1. Il paraît que celui-ci avait mal rempli ses promesses en ce qui concerne la restitution des villes du Galaad 2. Josaphat vint visiter le roi d'Israël à Samarie. Ils résolurent de marcher ensemble contre Benhadad. L'objectif de la campagne fut la reprise de Bamoth-Galaad. Une communion religieuse sans réserve régnait entre les deux rois.
1. I Rois, xxn, ancien. Josaphat et Àchab y professent la même religion; Achab y est assez bien avec les prophètes de Iahvé; Élie ne figure pas. Notez le mn* Em comme aux temps anciens. On peut voir dans ce chapitre un extrait de la Vie de Josaphat par Jéhu fils de Hanani, Il Chron., xx, 34.
2. C'est ici, d'après M. Schrader et la plupart des assyriologues, qu'il faudrait placer la bataille de Karkar, livrée, en l'an 854, selon la chronologie assyrienne, par Salmanasar II, à une ligue de rois de Syrie, parmi lesquels figureraient Benhadad et Achab (Schrader, Keilinschr. und Gesch., p. 356 et suiv., Keilinschr. und das A. T., p. 193 et suiv.). Je pense, comme M. Wellhausen, qu'il est très difficile d'admettre une alliance de Benhadad et du roi d'Israël à cette date. La Palestine n'a connu l'Assyrie conquérante que cent ans plus tard. En outre, il n'est pas possible qu'un fait aussi important que l'expédition de Salmanasar II n'eût pas laissé de traces dans les annales d'Israël, tout écourtées qu'elles sont. Ces listes assyriennes peuvent, comme les listes égyptiennes des campagnes de Syrie, être des bulletins mensongers, composés a priori, où l'on prenait d'office les noms de villes pour en Taire des vaincus. Remarquez que les plus anciens prophètes ne parlent jamais d'Assur; or, dès qu'Assur apparaît dans les affaires de Syrie, on en sentie contre-coup chez les prophètes. Rien de plus facile que de classer les prophètes en antérieurs ou postérieurs à l'entrée en scène des Assyriens (vers 750 avant J.-C).
298 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [875 av. J.-C]
Achab rassembla ses prophètes au nombre de quatre cents, et leur demanda s'il fallait marcher contre Ramoth-Galaad. Ils répondirent affirmativement. Josaphat eut des doutes. Alors se passa une scène étrange, dont le vivant tableau nous a été conservé1 ; nous nous bornerons à le traduire.
« N'y a-t-il pas, demanda Josaphat, d'autre prophèle de Iahvé que nous puissions consulter? — Il y a bien encore quelqu'un, répondit le roi d'Israël, par qui on peut consulter Iahvé; mais je le hais, par ce qu'il ne me prophétise jamais que du mal; c'est Mikaïahou, filsd'lmla ».Et Josaphat dit: « Que le roi ne parle pas ainsi. » Alors le roi d'Israël appela un ennuque et lui dit : « Fais vite venir Mikaïahou fils d'Imla ! » Or, pendant que le roi d'Israël et le roi de Juda étaient assis chacun sur un siège, revêtus de leurs costumes, sur la place à l'entrée de la porte de Samarie, et que tous les prophètes prophétisaient devant eux, Sidkiah fils de Kenaana, qui s'était fait des cornes de fer au front, apparut et s'écria : « Voici ce que dit Iahvé : « Avec ceci [mon- » trant les cornes], tu écraseras les Araméens-jusqu'au der- » nier. » Et tous les prophètes prophétisaient de même, disant : « Marche contre Ramoth-Galaad et triomphe ! Iahvé la livrera au roi ! » Cependant le messager qui était allé appeler Mikaïahou lui parla en ces termes : « Voilà que les prophètes à l'unanimité ont prédit du bien au roi ; que ta parole ne soit pas en désaccord avec la leur; prédis aussi du bien ! » Mais Mikaïahou répondit : « Par la vie de Iahvé! ce que Iahvé me commandera, je le dirai. »
Lorsqu'il fut venu auprès du roi, celui-ci l'apostropha :