‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 5)Chapitre 164 sur 251 · PREMIÈRE APPARITION DE ROME EN ORIENT · texte numérisé non relu

PREMIÈRE APPARITION DE ROME EN ORIENT

Vers 220, le royaume séleucide d'Antioche prM une supériorité marquée sur le royaume ptolémaïque. Cette révolution fut la conséquence de l'avènement au trône d'un très remarquable souverain, Antiochus III, surnommé avec raison le Grand, en qui sembla se retrouver quelque chose du génie d'Alexandre. Ce qui manquait au royaume d'Antioche, c'était la possession de la Gélésyrie, de la Phénicie, de la Palestine. La brillante campagne de 218 mit tous ces pays entre les mains d' Antiochus; mais ce succès fut éphémère; Tannée suivante, la bataille de Raphia rendit pour quinze ans la Palestine à TÉgypte. En 202, Antiochus la reconquit d'une façon plus effective; la bataille de Panéas (198) peut être prise comme la

date approximative du passage des pays juifs ou soumis à Tinfluence juive, de la domination ptolémaïque, si tolérante, à la domination séleucide, bien plus exclusive. Il y eut encore plus d*un va-et-vient de la fortune. En 493, la Palestine fit de nouveau retour à TÉgypte comme dot de la fille dV\ntiochus*; mais le sort était jeté. Jérusalem, pendant un demi-siècle, va recevoir des bords de TOronte les secousses électriques qui chasseront sa torpeur et décupleront sa vie.

Durant cette période de déchirements, la situation des populations de Palestine, piétinées qu'elles étaient par les belligérants tour à tour battus et victorieux, fut quelque chose d'horrible*. La guerre se poursuivait surtout en vue de faire des esclaves, qu'on vendait cher sur les marchés de la Méditerranée. La démoralisation était extrême, la fidélité presque perdue. Les tacliciens furent un moment les maîtres du monde, comme aux xiv* e* XV* siècles, en Italie ; il n'y avait pas de petit chef, s'il se croyait un peu d'habilelé et s'il disposait de quelques mercenaires, qui n'aspirât à se tailler un royaume sur un fond de populations corvéables à volonté. Au fond, tout cela ressemblait.

i. Allusion en Daniel, xi, 17 2, Jos., Ant., Mi, III, 3. 4.

beaucoup â Tétat du monde au v siècle, quand les barbares se découpaient TEurope occidentale, sans souci aucun des vœux des populations. La campagne de 202, en particulier, fut désastreuse })our les habitants de la Gélésyrie et de la Judée. Scopas, le général égyptien, avait établi une forte garnison dans la citadelle de Jérusalem. Les Syriens Ty assiégèrent. La lutte fut terrible. Le parti conservateur et orthodoxe paraît être resté fidèle aux Lagides*; mais les Hiérosolymites du commun^ passèrent assez vite au parti d'Antiochus^ et l'aidèrent à chasser Scopas.

On prétendit qu'Antiochus, en retour de ces services, combla les Juifs de grandes faveurs, qu'il embellit le temple et agrandit les portiques, qu'il accorda aux prêtres ce dont ils étaient le plus jaloux, une sanction d'État pour leurs prescriptions légales. La ville avait été presque abandonnée. Antiochus la repeupla, fit donner la liberté aux captifs*.

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