Exode, III, I et suiv
moins, l'explication de l'étrange épisode que voici. Il faut se contenter de le traduire; car le vrai sens en échappe tout à fait : « Or il arriva en route, dans un khan, que lahvé attaqua Moïse et cherchait à le tuer. Et Sippora * prit un caillou, et elle coupa le prépuce de son fils, et elle le jeta aux pieds de son mari, et elle dit : « Tu es pour moi un époux de y> sang. y> Alors lahvé lâcha Moise». » C'est là, ce semble, un pendant de la lutte prêtée à Jacob contre un éloh. Quand on traversait le territoire d'un dieu, il n'était pas rare que ce dieu vous attaquât durant la nuit. On ne se tirait d'affaire qu'émasculé, énervé ou au moyen de quelque expiation sanglante.
Le Sinaï était donc avant tout une montagne de terreur. Certains endroits passaient pour si saints, qu'on n'y marchait qu'après avoir retiré ses chaussures^ La croyance générale était qu'on ne pouvait voir le dieu qui y demeurait sans mourir*. Son seul voisinage tuait ^ Le vulgaire n'approchait pas de