‹ Histoire du peuple d'IsraëlChapitre 146 sur 280 · CONQUÊTE DE LA RÉGION EN DEÇA DD JOURDAIN · texte numérisé non relu

CONQUÊTE DE LA RÉGION EN DEÇA DD JOURDAIN

De la plaine de Sittim, le peuple avait sous les yeux un spectacle qui excitait perpétuellement sa convoitise. Le Jourdain seul le séparait d'une terre supérieure encore à celle qu'il occupait; de plus en plus, il s'imaginait que cette terre lui avait été promise par le dieu de ses pères. En face de lui, l'importante ville de Jéricho lui paraissait un défi. Ces vieilles races passionnées ne distinguaient pas leur désir du devoir. Le roi moabite Môsa ne fait aucune conquête sans que son dieu Camos la lui ait ordonnée*. Il est probable qu'à diverses reprises, le dieu national, lahvé, commanda aux

i. iDtcription, lignes 9, i% 13, U, 18, 32.

Israélites le passage du Jourdain, par ties indices qui furent tenus pour décisifs.

La terre qu'Israël avait en vue est un talus d'une vingtaine de lieues d'épaisseur à la base, séparant la Méditerranée du trou profond où coule le Jourdain*, et dont la mer Morte est comme le godet central. L'altitude au-dessus de la Méditerranée est de près de 1000 mètres; l'altitude audessus de la mer Morte et du bas Jourdain est de 1400 mètres; caria dépression de la déchirure jordanienne est, à cet endroit, très considérable. Le pied des pentes ne va ni jusqu'à la Méditerranée, ni jusqu'au Jourdain. Comme prolongement des. sables de la Méditerranée, s'étendent, à l'Ouest, des plaines susceptibles d'une opulente culture (le Saron). Du côté du Jourdain, les contreforts tombent d'une manière abrupte, à quatre ou cinq lieues du fleuve, et au pied s'est formé une plaine d'alluvion, que l'on supposerait, au premier coup d'oeil, devoir

1 . Le nom arabe du Jourdain, Urdan, répond à une forme jm devenue p-)"», par suite de la règle, que l'hébreu s'est imposée, de ne pas commencer un mot par un vav. Comp. syr. Ourislem pour Jérusalem. C'était là un mot générique, identique, je crois, à Orontes, dont l'étymologie aryenne souffre de graves difficultés. Des cours d'eau, pour nous secondaires, s'appelaient le fleuve par excellence dans un pays, où, par suite de la proximité de la montagne et de la mer, il n'y a pas de grands bassins.

être une source de richesse pour le pays ; il n'en est rien ; cette plaine (le Ghôr) est insalubre et n'a jamais eu de rôle considérable dans l'histoire du du pays*. Israël, d'un autre côté, n'eut aucune tendance à se rapprocher du rivage. Le Saron resta toujours entre les mains des races chananéennes. C'est le dos d'âne qui s'étend entre le Saron et le Ghôr qui a été le théâtre de l'étonnante histoire que nous avons à raconter.

Autant le pays de Galaad, au delà du Jourdain, est désigné par sa nature pour la vie pastorale; autant la Palestine cisjordanienne est désignée pour l'agriculture et la vie citadine. Il ne faut point juger de ces choses avec notre idéal européen de terres noires et profondes, sans cesse arrosées et couvertes d'une riche verdure. Ces mamelons d'apparence aride de la Palestine sont très riches à leur manière. A de pauvres affamés venant d'Arabie, ils devaient sdmbler ruisselants de bien-être. La vigne, l'olivier, le figuier y prospèrent. Le blé y vient en quantité suffisante. L'eau ne manque pas. Il fait des froids vifs et il pleut beaucoup en hiver; en tout temps, la hauteur où l'on vit rend la chaleur très supportable. Aucune grande ville n'aurait pu se

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