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CHAPITRE III

JDDA ET BENJAMIN.

Le passage du Jourdain se fit sûrement en face de Jéricho*. Le Jourdain est, à cet endroit, h. peu près large comme la Marne. Au printemps, on ne peut le traverser à gué; vers la fin de l'été et en automne, Teau n'a pas plus de 60 ou 80 centimètres de profondeur. Le passage peut donc s'effectuer sans difficulté. A vrai dire, il ne se fit pas en une fois. Depuis l'établissement de leur camp principal dans les Arboth Moab, des groupes plus ou moins considérables de Beni-Israël passaient incessamment les gués. Ces courses ne fai-

1. Comp. Il Sam., xvi[, 22, 24; xix, 16, 17, 39; Robinson, Bihl. Res., 1, 535 et suiv. Pour placer son miracle, le narrateur ■de Josué est obligé de supposer des circonstances tirées de la saison (Jos., m, 15).

saient qu'exciter la convoitise de tous. La riche oasis de Jéricho, avec ses palmiers et ses parfums, tentait les tribus. La ville fut enlevée, probablement par trahison, et détruite. Elle fut ensuite rebâtie, mais sans doute assez loin de l'endroit où la ville chananéenne avait existé.

Depuis la prise de Jéricho, le camp central d'Israël fut à l'endroit nommé Gilgal, dans cette belle plaine, bien arrosée, qui s'étend du pied de la montagne à l'embouchure du Jourdain. Gilgal ou Galgal * désigne un monceau de pierres, revêtu d'un caractère religieux. Le Gilgal dont il s'agit ici était peut-être un tertre sacré des Chananéens ;. peut-être aussi dut-il son origine au campement d'Israël. Il est permis de supposer que ce fut le lertre qu'ils élevèrent pour leurs sacrifices. Plus tard, on crut trouver dans ces monuments mégalithiques un souvenir du passage miraculeux du Jourdain^ Les puritains y virent des restes de cultes païens, et de la sorte le Galgal de Jéricho devint un centre religieux fort révéré des uns, fort mal vu par les autres', si bien qu'on a souvent voulu dis-

i. Equivalent de gai (forme pilpol). Voy. ci-dessus, p. 23-2i.

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