‹ Histoire du peuple d'IsraëlChapitre 195 sur 280 · Job, I, 6; II · texte numérisé non relu

Job, I, 6; II

généralissime de ses armées, un sar-saba , un séraskier, qu'on rencontrait quelquefois, l'épéenue à la main, et qu'on n'abordait qu'avec tremblement'. Bien plus considérable était l'ange ou messager (Maleak), chargé d'abord do porter les ordres de lahvé, et qui bientôt devint un grand vizir, partageant les pouvoirs de lahvé. Dès un âge fort ancien % en effet, lahvé eut à côté de lui une sorte de dédoublement de lui-même, qu'on appelait Malcak lahvé; c'était comme sa face, son parèdre, son aller ego, La religion phénicienne présente des idées presque semblables. La face du dieu est distincte du dieu lui-même ^ De plus, le Malcak lahvé des Hébreux peut bien avoir son analogue dans le Malak-Baal^ le Malak-Astoret de Tépigraphie phénicienne*. Il n'est môme pas sûr que le Moloch ou Milk de la religion chananéenne ne

i. Josué, V, ii.

t. Cantique de Débora, v. 23. 11 est vrai que, daus Ce texte, conservé longtemps do mémoire, et où le rythme n'est pas délicat, l'cxpressiou mn^ ^N'TD a pu être postérieurement substituée à mn\

3. Le Vi'S'ID, si fré(|uent à Cartilage; le uhl des inscriptions aramécnnos, etc. Voir ci-dessus, p. 189.

i. Corpus inscr. seniit., 1'* part., n<>» 8i 123 et 123 bis, 147» 194, 195, 380; Berger, l'Ange d'Aslarté, (Paris, 1879)) Stade, ieitschrift, 1886, p. 332-333.

doive pas son origine au môme ordre d'idées*, qui paraît avoir dans la théologie égyptienne son origine et son explication. Selon cettetliéologie, dont l'influence fut si forte dans la région chananéenne, le double du dieu, c'est le dieu lui-môme. On s'adresse à ce double comme au dieu. On trouve à Thèbes des invocations au double d'Ammon. Ailleurs, le double de Chons figure en lieu et place de Chons*.

Le Maleak lahvé n'est souvent qu' « un homme de Dieu ' », envoyé par lahvé pour un objet déterminé. Dans la plupart des cas, cependant, le Maleak ne se distingue pas de lahvé lui-môme*. A une époque plus récente, cela donna lieu à un abus de style des plus singuliers. Les piétistes de Juda trouvèrent messéants certains passages des anciens livres où lahvé agissait en homme et se compromettait en des aventures que l'on trouvait trop vulgaires. On prit l'habitude, dans ces caslà, de substituer, le Maleak lahvé au mot lahvé. L'ange de lahvé fut l'agent divin, dans toutes les

\. "^Vd peut être pour "jNTO, comme «ilX», en arabe, pour y^"^, surtout dans le Coran.

S.Chainpollioii Monum., t. I,pl. LXXXIV; cf. Maspero, dans le Recueil, t. 1, p. 156 et suiv.

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