Gen.,xvi, 7, iS, etc
circonstances où lahvé se trouvait en rapport avec l'homme.
Les Samaritains et les Juifs alexandrins, Joseph e et les judéo-chrétiens exagérèrent encore cette manie théologique. On en vint, dans presque tous les vieux récits, à substituer à Dieu cette espèce de seconde personne de Dieu. Le « nom » joua un rôle analogue. Le nom de la personne, c'est la personne elle-même*. Le mot sem devint ainsi un équiralent de lahvé* ^ surtout chez les Samaritains'. On voit facilement comment les théories du Verbe et de la Trinité devaient sortir de telles habitudes de langage. C'était le commencement de cette théologie des hypostases où le monothéisme sémitique s'est jeté pour tirer de son sein la variété et la vie, qui lui étaient interdites, faute de mythologie *.
Quelquefois ces divisions hypostatiques allaient
1. Exode, XXIII, 21 ; 1 Rois, m, 2; viii, 17, 20, 29; il Rois, II, lli; Isaïe, XXX, 27; Ps. Liv. 3, et fréquemment dans les ï»saumcs.
2. Gesenius, Thés., p. 1433. Comparez le nom VTDe; pour yTin\ peut-ôtre DiyiJ, pour nnj.
3. liCs Samaritains substituent toujours ND^2? au mot mn\ Les juifs écritont aussi DUn pour mn\
i. Voy. Origines du christianisme, 1. 257 ot suiv.j V, 415: VI, 64 et sulv.
plus loin encore * : lalivé apparaissait indivis de ses habérim ou maleakim ', et conçu comme un avec eux. En voyage, surtout, il aimait à se découpler, se laissait recevoir, héberger, nourrir. A ceux qui trouvaient étrange que lahvé pût ainsi manger et boire, on répondait que ce n'était pas lahvé; c'étaient ses maleakim. La forme propre de lahvé, en effet, n'est jamais la forme humaine. C'est une espèce de dragon, mugissant le tonnerre, vomissant la flamme, soufflant la tempête; c'est le rouah universel sous forme globale, une sorte de masse électrique condensée. lahvé agit à la façon d'un agent universel. II mange le sacrifice, au moment où la flamme le dévore. La flamme, en ce cas, est souvent spontanée; elle lèche les morceaux de victime étendus sur le rocher, et les fait disparaître. .Quelquefois deux larges narines se dilatent audessus de la fumée du sacrifice pour la humer». D'autres fois, on voit le Dieu monter dans la flamme du sacrifice; il disparaît avec la langue de feu qui s'élève de l'autel*. Alors on a vu réellement lahvé, et on est sûr de mourir '.