‹ Histoire du peuple d'IsraëlChapitre 263 sur 280 · Sam., XV, 1 et suiv · texte numérisé non relu

Sam., XV, 1 et suiv

certain, cependant, qu'une partie de l'activité de Saûl fut employée à réprimer les bédouins de l'Est, qui pillaient le paisible Israël*.

On comprend moins l'acharnement que Saul montra contre les Ghananéens, surtout contre les Gabaonites, qui avaient obtenu leur charte lors de la première conquête du pays. Il eût été d'une bien meilleure politique de chercher à s'assimiler ces populations, rendues peu dangereuses par leur état de désorganisation. Saùl, au contraire, essaya de les exterminer, et montra dans cette circonstance une cruauté extrême. Il en résulta plus tard pour sa famille des représailles terribles' .

Une telle royauté, fondée, selon toutes les règles de l'histoire, sur l'héroïsme et sur des services de premier ordre rendus à l'unité nationale, aurait mérité d'être tranquille, prospère et de servir de commencement i une dynastie. Il n'en fut rien cependant. Le règne de Saul, bien que très fructueux pour Israël, fut pour le fils de Kis et pour sa famille plein de tristesses et de troubles profonds. Homme de grand courage et excellent soldat, Saûl avait évidemment peu de tête. Il abusait de l'éphod, et demandait aux hasards de Vurim et tummim ce qu^W

U I Sam., XIV, 48.

"2. II Sam., ch. xxt.

n'aurait dû demander qu'à sa sagesse. On vit rarement une assiette d'esprit plus superstitieuse. La perpétuelle terreur d'une force inconnue et capricieuse empêchait chez lui tout exercice sain du jugement. Des rapports prolongés avec les écoles de prophètes lui avaient donné une débilité nerveuse, une sorte de tendance à l'épilepsie. Tout cela, joint à un tempérament mélancolique et aux responsabilités d'un rôle nouveau en Israël, perdit le pauvre Saûl. Il tomba dans une sorte de folie, que l'on considéra comme l'effet d'un souffle malveillant de Dieu*. Frappé d'inconscience, il se livrait à des gestes désordonnés, comme ceux des prophètes en leurs accès*. On ne réussissait à le ramener à lui que par une musique analogue à celle des nabis. Les sons graves de la harpe surtout le calmaient. En ses moments d'humeur noire, on appelait les harpistes les plus habiles pour remédier au trouble de ses sens^

Dans ce monde passionné de l'ambition orientale, l'homme n'a pas le droit de faire une faute. Il y a toujours à portée quelqu'un de prêt à en profiter. Les intermittences de la raison de Saùl eussent été

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