‹ Histoire du peuple d'IsraëlChapitre 34 sur 280 · Gen., xxviii, 18 et suiv · texte numérisé non relu

Gen., xxviii, 18 et suiv

4. Revue d'arch. orientale {l. c). Comp. la curieuse inscription sabécnnu do Medaïn-Salih, n" 2U (D. II. .MûUcr, Œst. Monatsschrift fiir dcn Orient, nov. 1884, p. 279.)

pays étrangers, dont il reconnaît le pouvoir, aient pour agréables les sacrifices qu'il offrira à son dieu personnel et les tiennent pour offerts à eux-mêmes. Bien plus, il veut que le lieu saint consacré à son dieu soit sous la protection des dieux de Teïma; il fonde en terre étrangère le culte de son dieu personnel, et il constitue, sur ce qu'on peut appeler le budget des cultes du pays où il se trouve, un capital déterminé (en palmiers) pour le culte de son dieu personnel. Les dieux de Teïma acceptent cç singulier compromis, s'en font les garants, et accordent leur protection à Salmsézab. Jacob n'est pas moinsr naïf à BétheP : a Si lahvé est avec moi, et qu'il me garde dans le voyage que j'entreprends, et qu'il me donne du pain à manger et des vêtements pour me couvrir, et que je revienne sain et sauf à la maison de mon père, lahvé sera mon dieu, et cette pierre que j'ai érigée en cippesera Beth-élohim^ et tout ce que lahvé me donnera, je lui en payerai la dîme. » Des faits de ce genre durent être communs à l'époque où les tribus sémites nomades vivaient partagées entre le culte des dieux de famille et le culte des dieux provinciaux, ayant une juridiction en quelque sorte territoriale. Buth la Moabite, passant

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en terre Israélite, adopte purement et simplement le dieu d'Israël ; mais des chefs de famille, des personnages considérables étaient sans doute plus difficiles, et cela devait souvent donner lieu à des contrats assez compliqués. Peut-être sous le règne de Salomon, se produisit-il à Jérusalem plus d'une convention de ce genre. Peut-être même le temple de Salomon vit-il des Tyriens sacrifier à Baal, avec la prétention que ces sacrifices ne fussent pas désagréables à lahvé.

Ces choix individuels, ces particularisations de la notion divine, si contraires à l'idée que les Sémites ont définitivement fait prévaloir par le judaïsme etl'islamisme, n'empêchaient pas les élohim groupés en dii consentes de former une puissance supérieure, que tous redoutaient. De quelque tribu que l'on fût, on admettait leur domination suprême; on les craignait; on les croyait capables de punir des crimes dont les hommes ne sauraient jamais nen\ si bien que la crainte des élohim (ou d'Élohim) prévenait beaucoup de mauvaises actions. Ils voyaient toute chose, étant répandus partout, et par conséquent ils connaissaient et poursuivaient une foule de méfaits qui échappaient h la

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justice humaine. Ils constituaient ainsi une sorte de tribunal secret. Les accidents incompris, ruines, maladies, fins prématurées, étaient tenus pour des actes de justice des élohim. Le mot yirea^ « crainte » , laissant supposer derrière lui un monde inconnu, était synonyme de « piété »'. Un crime commis faisait vivre dans une perpétuelle appréhension de ce que pouvaient faire les élohim^ Craindre Dieu, c'était croire à la réalité du sens moral; un homme craignant Dieu était un homme consciencieux.

Quelquefois les élohim étaient appelés Deni- Élohim^ « les lils des dieux, la race divine ». Quand on fit d'élohim un être unique, bien déterminé, les Beni-Élohim devinrent son entourage, une masse d'anges, en parfaite communion avec lui, venantde temps en temps lui faire leur courMl y avait parmi eux des emplois personnels, en particulier celui de ce Satan ou Détracteur, occupé à critiquer l'un-vers, tandis que les vrais enfants de Dieu n'en voient que les harmonies. Mais il fallait des siècles pour établir dans ce chaos divin quelque ordre et quelque hiérarchie.

Une telle conception, à laquelle nos formules

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