‹ Histoire du peuple d'IsraëlChapitre 36 sur 280 · Job, XXVII · texte numérisé non relu

Job, XXVII

du sang. D'un côté, en effet, des peuples qui n'ont rien de sémitique, mais qui mènent une vie analogue à celle des Sémites nomades, tels que les Kirghiz, les populations actuelles du haut Nil Blanc, ressemblent beaucoup aux anciens patriarches du désert; de l'autre, les llimyarites et les Assyriens du second âge, qui, pour la langue au moins, sont bien des Sémites, n'ont pas ce caractère de puritanisme religieux que présentent les Sémites nomades. C'est donc la vie de la lente qui paraît avoir été le facteur capital de la sélection de cette aristocratie religieuse qui a détruit le paganisme et converti le monde au monothéisme. Les racines de ce grand fait s'enfoncent dans le plus vieux sol de l'hisloire. La tonte du patriarche sémite a été le point de départ du progrès religieux de l'humanité.

On peut dire à la fois du nomade qu'il est le plus religieux et le moins religieux des hommes. Sa foi est la plus forte qu'il y ait; deux fois elle a vaincu le monde, et cependant, à juger des choses par le dehors, on dirait que sa religion est une sorte de minimum^ une quintessence, un résidu, un ensemble de précautions négatives. Le culte tient dans la vie du nomade très peu de place; un observateur superficiel est tenté de prendre ce fier vagabond

pour un indifférent, presque pour un incrédule'. Son genre de vie rend impossibles les statues, les temples. Ses habitudes de galant homme lui inspirent l'horreur de la superstition et des pratiques basses. Sa réflexion philosophique, s'exerçant avec intensité dans un petit cercle d'observation, l'amène à des idées extrêmement simples, et, comme le progrès religieux consiste toujours à simplifier, il se trouve très vite que le nomade dépasse en religion les peuples qui lui sont supérieurs en civilisation. Le Sémite nomade est un protestant. Beaucoup des populations qui adoptèrent le protestantisme au xvp siècle étaient loin d'égaler en culture intellectuelle l'Italie du temps de Léon X; la bassesse religieuse leur répugnait, et ce bon sentiment leur a plus tard porté bonheur et leur a été imputé à justice.

1. Tel est essentiellement le caractère de l'Arabe nonaade. J'ai développé ceci dans Mélanges d'histoire et de voyages, p. 305 et suiv.

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