CHAPITRE IV
MONOTHÉISME. ABSENjCE DE MYTHOLOGIE.
Avec un certain type de langue, la race sémitique, comme la race aryenne, semble donc tout d'abord avoir eu en partage un certain type de religion. L'idée fondamentale de cette religion était la suprématie d'un maître commun au ciel et h la terre. Tout cela resta bien vague, bien confus jusqu'au ix* siècle avant Jésus-Christ. Tout cela, cependant, fut en germe dès l'origine, et tint principalement, comme nous l'avons dit, à ce genre de vie nomade qui imprime à toutes les races indistinctement un cachet si profond. Un fait décisif, par exemple, fut le peu de goût qu'ont en général les nomades pour les représentations peintes ou sculptées. Une nation quia sous les yeux des représentations figurées devient presque infail-
liblement idolâtre. L'interdiction que portèrent à cet égard les législateurs hébreux, on peut dire que les nomades la trouvèrent dans les lois mêmes de leur existence. La vie nomade exclut l'attirail nécessaire à un culte idolâtrique ; il faut que le panthéon puisse s'enlever avec le douar. D'insignifiants teraphinij une arche portative où sont renfermés les objets sacrés, voilà tout ce que permettent les habitudes du bédouin.
Ce qui manque au Sémite bien plus encore que le goût des arts plastiques, c'est la mythologie *. La mythologie est, h l'égal de la peinture et de la sculpture, la mère du polythéisme. Le principe de la mythologie, c'est la vie prêtée aux mots. Or les langues sémitiques ne se prêtent pas beaucoup à ces sortes de personnifications. Un trait des peuples qui les parlent, c'est le manque de fécondité dans l'imagination et le langage. Chaque mot pour l'Aryen primitif était prégnant, si j'ose le dire, et renfermait un mythe en puissance. Le sujet de phrases telles que celles-ci : « La mort l'a frappé, une maladie l'a enlevé, le tonnerre gronde, il pleut, etc. », était à ses yeux un être faisant en réalité l'action exprimée par le verbe. Pour le Sé-