‹ Histoire du peuple d'IsraëlChapitre 52 sur 280 · Lortus, p. 139 et soi?., 160 et suiv.; Delitszch, p · texte numérisé non relu

Lortus, p. 139 et soi?., 160 et suiv.; Delitszch, p

5. Découvertes en Chaldée, par M. de Sarzec (Paris, Leroux); originaux au Louvre.

LES BEiNI-ISRAÉL A L'ÉTAT NOMADE. 73

monde de la basse Chaldée primitive sous l'aspect le plus original et le plus frappant.

Ces villes étranges d'Ur, d'Érech, de Babel, de Tello, faisaient sur les Sémites nomades venus d'Arabie la plus vive impression. Ces pyramides énormes, dont le but leur échappait, engendraient des fables sans fin «. Le nomade, comme le barbare, ne comprend pas les grandes constructions; il explique toutes les ruines colossales par des contes puérils^ La folle tour de Borsippa, en particulier, devait leur suggérer des réflexions bizarres ; h puissance de l'homme poussée à ce point n'est-elle pas une injure à Dieu?

Les courses des nomades ne les entraînaient guère du côté du Tigre et de Ninive. Ils s'arrêtaient d'ordinaire dans la partie de la Mésopotamie appelée Paddan-Aram, et dont les principaux centres étaient Harran, Sarug, Edesse. Au point de vue de la civilisation, ce pays était une annexe de l'Assyrie, une sorte de Babylonie araméenne. On y

1. Gcn., XI, 1 et suiv.; Hérodote, I, 181. On connaît au moins trois lours de Babel : Birs-Nemroud, Babil et Akerkouf.

2. Contes sur Paimyre, sur Balbeck, sur les monuments du Hauran, sur Pétra, sur les prétendues forteresses theraoudites, qui ne sont que des tombeaux. Notices et extraits de TAcad. des Inscript, et Belies-Leltrcs, t. XVIII, 2* partie, p. 4-5. Comparez les Mirabilia urbis Romœ du moyen âge.

parlait araméen, et cette circonstance eût suffi à elle seule pour introduire, dans les traditions de Babel et d'Ur, des changements considérables. Harran, d'ailleurs, paraît avoir été dès lors ce qu'elle resta jusqu'au xiif siècle du moyen âge, une ville de syncrétisme, oii les mythes d'origine babylonienne subissaient toutes sortes de transformations. Le grand devin des légendes israélites, Balaam, est censé venir de Ik'. Harran, dans sa longue et si curieuse histoire, apparaît à toutes les époques comme une sorte de colonie et d'emporium des idées babyloniennes ^

Les pasteurs trouvaient ici le cycle des idées chaldéennes sous une forme bien plus acceptable pour eux, recouvertes qu'elles étaient d'une sorte de surfrappe sémitique. Les noms des personnages caractéristiques, par exemple celui de la première femme {Havva, «celle qui donne la vie»), peut-être le nom du dieu lahvé^ se présentaient comme des motsaraméens facilement intelligibles. Le héros du déluge devenait un homme aimé du ciel, nommé

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