Voy. ci-après, p
tantôt Hanok tantôt Noh. L'arche s'arrêtait sur les montagnes du pays d'Ararat (Arménie), tandis que, dans le texte assyrien, il n'est pas question de ce pays septentrional. Les gens du Paddan-Aram s'attachaient surtout à la légende du fabuleux Orham, roi d'Ur, et l'appelaient Aborhamy Abraham^, le Père-Orham, nom qui devait pénétrer jusque dans les couches les plus profondes de Thistoire mythologique, pater Orchamus*. Ces rois d'Ur étaient des espèces de patriarches, de rois pères'. Les Assyriens les représentaient fréquemment, et toujours dans des données qui conviennent à l'Abraham de la tradition, assis en un fauteuil, l'air bienveillant, sans nul appareil militaire. Le titre principal du Père-Orham, aux yeux de ses pacifiques adorateurs, était d'avoir substitué le sacrifice du chevreau aux sacrifices humains; quelquefois même
1. A une haute antiquité, n et D se confondent dans l'étymologiie «émitique.
2. Kexit Acheemenias urbes pater Orchamus, isque Septimus a prisco numeratur origine Belo.
Ovide, Métam., IV, 212. Pater a sans doute dans le texte d'Ovide un sens plus reslmint^pater ejus,sci\. Leucothoes),m&is l'expression Pater Orchamus n'en paraît pas moins avoir été imposée à Ovide par la tradition.
3. Menant, Ctjl. de laChaldée,^. 129-136, 137-U3; Catal.de a coll. De Clercq, p. 17 et suiv.
c'est à son fils qu'il substitue un chevreau*. Nous inclinons à croire que cet Orham est le personnage réel ou fictif qui a fourni le nom et quelques-uns des traits caractéristiques de l'histoire d'Abraham. Cela est d'autant plus admissible que ces mythes d'Orkham étaient le plus souvent représentés sur de petits cylindres, sans grande valeur, qui circulaient entre les mains des nomades comme des talismans et devaient singulièrement faire travailler leur imasfination-.
Le mythe de Nemrod figure aussi dans les récits bibliques sous une forme particulièrement harranienne. Ce dieu chasseur resta jusqu'en plein moyen âge un des dieux de la ville de Harran^ En général, les emprunts à la Babyloriie qui se remarquent dans les premiers chapitres de la Genèse ne sont pas de première main : ils ont traversé le Paddan; c'est Babylone vue à travers Harran. Les noms des patriarches antédiluviens*, répondant aux rois mythiques de Babylone, pa-
1. Menant, Cyl. de la Chaldée, p. U4et suiv., 14G, lt7, 151 ; Catal. De Clcrcq, p. 17 et suiv.