‹ Histoire du peuple d'IsraëlChapitre 83 sur 280 · Gen., xv, 15; xxxv · texte numérisé non relu

Gen., xv, 15; xxxv

i. Ps. VI, 6; Lxxxviii, 6 et suiv.; cxv, 17, 18; Is., xxxviil, 18 et suiv.; Job, xiv, 21, 22.

et reposant avec eux*. Les Chananéens semblent avoir été plus préoccupés que les Hébreux de ces sortes d'imaginations ^ On dirait que les sages Hébreux prirent des précautions pour que la masse ne versât pas dans ces idées, que, d'ordinaire, le peuple affectionne. Les descentes aux enfers, les pérégrinations à travers les cercles de l'autre vie, comme celles qui préoccupaient les Assyriens et les Égyptiens, leur paraissaient des impiétés ^

Tout cela venait de la profonde séparation que la conscience hébraïque établit tout d'abord entre l'homme et Dieu. Chez l'Aryen, les Pitris, lesancêtres, sont des dieux et par conséquent immortels. En Egypte, le mort devient un Osiris, un esprit divin, éternel. Le patriarche hébreu trouvait de telles idées hautement messéantes. Dieu seul est éternel; un être éternel serait dieu. L'homme

i. Gen., XXV, 8; xxxv, 29; xlix, 29; Nombres, xx, 26; Juges, 11, 10; I Rois, XIII, 2-2;lI Rois, XXII, 20;Ézcch., xxxii,18 et suiv.

2. Inscriptions d'Esmunazar et de Tabnith, textes inappréciables, parce qu'ils nous donnent la mesure des raisonnements d'un rafa.

3. Ajoutons que les Égyptiens et les Assyrien^ paraissent avoir eu, successivement ou simultanément, les deux conceptions, celle d'un scheol triste et morne, et celle d'une vie ultérieure pleino de récompenses et d'expiations. Maspero, dans la Revue de l'hist. dpi relig., 1885, t. XIII, p. 125 et suiv. ; Études égyptiennes, 1. 1,.

p. isn-ino.

LES BENI-ISIIAËL A L'ÉTAT NOMADE. 13t

est essentiellement passager. Il vit quelques jours, puis disparaît pour jamais. Il y a sans doute des hommes très vertueux, des amis de Dieu, que Dieu prend, enlève pour qu'ils soient avec lui . Mais, à part ces élus, le sort de l'homme est la disparition dans l'oubli. Il n'a pas à se plaindre, dès qu'il lui est échu un bon lot de jours, s'il a des enfants qui continuent sa famille, si, après sa mort, son nom est prononcé avec respect à la porte de son village\ A défaut de tout cela, un iad^ un cippe portant son nom, est encore une consolation, maigre il est vrai^; mais qu'y faire?Il n'yenapasde meilleure. Les conséquences latentes d'une telle conception de la vie étaient que la justice de Dieu s'exerce uniquement ici-bas; ce qui devait amener l'honnête patriarche à d'étranges étonnements. Le livre de Job ne sera écrit que dans mille ans; mais, dès l'âge antique où nous sommes, il a dû être pensé. A la vue d'un scélérat heureux, d'un juste éprouvé, le sage ne savait que dire. Mais le monde était simple encore, et les solutions qui plus tard furent tenues pour insuffisantes étaient acceptées comma

i. Hénoch: Gen., v, 22. Eocore cette légende paralt-elle d'origine babylonienne.

Page 1