‹ Histoire du peuple d'IsraëlChapitre 97 sur 280 · EXODE D'ISRAËL · texte numérisé non relu

EXODE D'ISRAËL

La civilisation égyptienne, dont l'histoire a tant d'analogies avec celle de la Chine, a eu cela de particulier que, plusieurs fois envahie par l'étranger, elle a toujours absorbé l'envahisseur et a fini, dans un temps donné, par reprendre le premier niveau que l'invasion avait dérangé. Pendant que les Hyksos régnaient dans la basse Egypte, la vieille Egypte, tributaire parfois, mais au fond autonome, continuait de vivre à Thèbes sans nulle modification. De longues guerres donnèrent la victoire au parti indigène. La dix-huitième et la dix-neuvième dynastie fondent un nouvel empire, plus puissant que tous ceux qui s'étaient succédé dans la vallée du Nil, De conquise, l'Egypte devient

conquérante à son tour. Les armées des Thoutmos et des Ramsès parcoururent triomphalement la S yrie.

Le propre de ces civilisations dont l'origine se perd dans la nuit, comme l'Egypte, la Chine, Babylone, est un très grand orgueil et un mépris absolu pour le barbare, souvent plus énergique et plus moral, qui répugne aux mœurs mandariniques et à la manie des règlements administratifs. Victorieux par sa persistance, l'Égyptien traita les Sémites d'Egypte et de Syrie comme un gouverneur chinois traite des révoltés barbares. Les plus belles tribus arabes ne leur parurent bonnes qu'à faire des terrassiers et des briquetiers. Les vrais Égyptiens avaient la plus profonde antipathie contre ces pasteurs. On est porté à croire que quelques-uns des Beni-Israël, au moins les Joséphites, avaient participé aux actes et aux faveurs des Hyksos. Tout fut changé, quand vint, selon le langage du vieux narrateur, « un roi qui n'avait pas connu Joseph ». Les Israélites perdirent tous les privilèges qu'ils tenaient de la dynastie déchue. Ils tombèrent dans la misère. Pour vivre, ils furent obligés de se faire ouvriers et de se prêter aux plus durs travaux.

Les travaux publics prenaient à ce moment en

Egypte un essor prodigieux*. Dans la région de l'isthme, en particulier, Ramsès II contruisit deux grandes villes, Pa-toum, vaste assemblage de magasins et de constructions usuelles fortifiées», et Pa-Ramsès Aanakhtou (la ville de Ramsès le très brave) qui fut en quelque sorte sa capitale du Nord '. Il reprit aussi l'exécution du canal qui joignait le lac Ballah au Nil*. Pour l'exécution de ces travaux, auxquels on prétend que les indigènes égyptiens ne prirent aucune part', il dut faire appel aux bédouins de la péninsule sinaïtique et du sud de Chanaan. Les magasins de Pa-toum étaient bâtis en briques formées de terre et de paille hachée, qu'on faisait sécher au soleil. Les Beni-Israël furent employés à mouler ces sortes de briques, travail qui en lui-même n'eût pas été très dur, s'ils n'eussent été par moments obligés d'aller chercher la paille qu'on devait y mêler. Pour de nobles tri-

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