‹ Histoire du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 128 sur 168 · Pour ces détails, voir, ci-dessus, p. 290, n · texte numérisé non relu

Pour ces détails, voir, ci-dessus, p. 290, n

4. On ne commença à voir quelques chevaux et des chars d'apparat que sous David, II Samuel, xv, 1 ; I Rois, 1, 5. C'est Salomon qui dota les Hébreux d'une charrerie de guerre.

5. Les résultats des fouilles palestiniennes ne permettent pas de placer le commencement de l'âge du fer en Canaan avant le xne ou plutôt même le xie siècle. Pourtant l'expression « chars de fer » employée dans Josué, xvn, 16,18; Juges, 1, *9 î IV, 3, !3, à propos des chars cananéens, et l'expression « instruments de fer » employée par Josué, vi, 19, 24, à propos du butin fait à Jéricho donneraient à penser, si elles visent bien l'époque de la conquête et si l'on place celle-ci non au xne siècle mais au xive, que le fer était connu et usité en Canaan avant la période israélite. Cela est d'autant plus vraisemblable qu'il semble avoir été employé en Babylonie dès le xxve siècle, en Egypte dès le xvi", en Asie Mineure au xve (cf. El-Amarna, Knudzton, 22, I, 38 ; II, 1, 3, 16, 22, 28). Au pied de la pente du tunnel de Gézer ont été trouvées deux haches de fer, dont la présence n'implique pas nécessairement que l'on s'était servi de ces instruments pour le percement du passage; mais comme

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les armures et pour les vases n'abondait pas : ce sera un titre de gloire pour David de les avoir fait affluer à Jérusalem à la suite de ses victoires sur les Araméens qui en tiraient de leurs mines de la Cœlésyrie 1. Quant aux métaux précieux, les Hébreux en étaient peu fournis. L'or, soit coulé en « langues » ou lingots allongés2, soit travaillé en vases et en bijoux, était un luxe plus qu'une véritable richesse utilisable dans la vie pratique ; il était sans nul doute à peu près absent des mains et des masures. L'argent était ouvré, comme l'or, en objets de prix ; coulé en anneaux, en disques, en lingots longs d'un poids déterminé de sicles — le sicle d'argent pesait alors environ quinze grammes — il servait aussi de monnaie 3. On versait trente sicles d'argent pour indemniser un maître de la perte de son esclave; un Lévite, engagé comme prêtre par un particulier, recevait de lui dix sicles par an avec le vivre, le couvert et le vêtement ; avec soixantedix sicles un prétendant soudoie une bande d'aventuriers ; un quart de sicle suffisait pour payer la consultation demandée à un voyant ; cinquante sicles pourraient représenter la valeur moyenne d'un môhar assez élevé 4. Ces quelques indications montrent

le tunnel paraît avoir été obstrué dans le troisième quart du 11e millénaire avant J.-C, ces haches pourraient s'y être trouvées à une époque où le fer était encore peu usité en Canaan. Cette apparition sporadique est assez explicable dans une ville qui, comme Gézer, devait beaucoup à l'Egypte. Sur ces haches de fer, voir Macalister, The Excavation of Gezer, t. n, pp. 269, 270 et cf. 1. 1. p. 262. On a vu plus haut, P« 55» Que les Philistins pourraient bien avoir contribué à la diffusion du fer en Canaan ; en tout cas le fer est mentionné pour le temps de David, II Samuel, xn, 31, à propos des instruments employés dans les carrières.

1. II Samuel, vin, 8. Le bronze est mentionné aussi dans le butin fait à Jéricho par Josué.

2. Josué, vu, 21, 24 ; il paraît moins probable que le mot « langue » ait désigné un objet de parure, un diadème, par exemple.

3. Le mot bpvf, shéqél, « sicle », désigne proprement une unité de poids, comme notre vieux mot « livre » qui indique à la fois un poids et une monnaie. Avant d'avoir des pièces de monnaie frappées, on se servit longtemps de morceaux ou de lingots d'argent qui affectaient des formes variées et avaient un poids déterminé que l'on vérifiait presque à chaque échange au moyen d'une petite balance et de poids, Deutéronome, xxv, 13, 15 ; Isaïe, xlvi, 6 ; Proverbes, xvi, 11. Le poids du sicle variait avec les systèmes monétaires ; il y avait un sicle de 16 gr. 37 ; un de 14 gr. 55, ce dernier étant probablement le sicle de la période des Juges. Notre pièce d'argent d'un franc pèse 5 gr. Cf. Benzinger, Hebrâische Archâologie, 2e édition, pp. 196 et suiv.

4. Ces évaluations sont fournies par Exode, xx, 32 (Livre de l'alliance) : Juges, xvii, 10 ; ix, 4 ; I Samuel, ix, 8 ; Deutéronome, xxn, 29 ; ce dernier cas vise la violation d'une vierge qui doit être épousée par son séducteur ; aussi est-il probable que le môhar payé par celui-ci n'est pas seulement le prix ordinaire d'une vierge mais qu'il comporte une augmentation à titre de pénalité pour le viol. Le prophète Osée

que l'argent monnayé servait surtout dans les conventions sociales, pour les salaires, les amendes, la compensation que l'on devait aux parents de la femme que l'on épousait, toutes choses qu'il était plus pratique d'évaluer et d'acquitter en argent qu'en nature afin d'éviter d'interminables discussions. Il semble que l'argent n'était pas encore assez répandu pour devenir le moyen facile de toute espèce de marché ; dans les transactions de la vie courante, on recourait sans doute plus habituellement à l'échange des produits. Quant aux tissus de pourpre, aux vêtements de diverses couleurs ou de fabrication babylonienne 1, aux perles, aux pierres précieuses, aux aromates recherchés, c'étaient de ces choses rares que chantaient les poètes et que les conteurs signalaient avec une complaisance avide dans le détail du butin des grandes victoires 2 ; on était fier d'en avoir eu sa part, on les montrait, on s'en parait ; mais on n'avait guère l'occasion de les renouveler ; c'était un brin de luxe qui jurait avec la pauvreté du reste.

Il existait pourtant des gens plus fortunés : des cheikhs dont une tribu récompensait les services par quelque présent ; de gros propriétaires qui, après plusieurs générations d'ancêtres heureux dans leur travail, avaient réussi à sortir de la condition commune : eux pouvaient se procurer des bijoux, mettre un tapis bariolé sur le dos de leur ânesse brune, avoir tout un troupeau de jeui es ânes pour leurs nombreux fils, se faire confectionner quelque ustensile religieux ou profane d'or ou d'argent 8. Encore cette aisance était-elle souvent ruinée par le malheur des temps : on a vu un Gédéon, dont le père possédait plus de dix esclaves, obligé, par crainte des pillards, de battre son blé dans un trou avec un bâton comme faisaient les pauvres glaneuses. C'est peu à peu seulement, les troupeaux s'étant multipliés, les bonnes années s'étant suivies nombreuses et la paix ayant permis d'amasser, que commencèrent à se former quelques

« acheta » sa femme pour quinze sicles d'argent et deux mesures d'orge, Osée, ni, 2. Lévitique, xxvni, 1-8, donne le prix de rachat des personnes vcuées à Yahwè ; ce prix varie avec l'âge et le sexe de la personne.

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