Deutéronome, xxm
4. Ces deux procédés sont encore employés en Palestine. Le traîneau à fragments de basalte est aujourd'hui appelé mauradj ou nauradj et doit représenter le ywd, mâragh, hébreu du Jébuséen Omâ (II Samuel, xxiv, 22 ou I Chroniques, xxi, 23). On emploie aussi en Syrie et en Egypte un traîneau dont le fond est garni de plusieurs
et la paille toute brisée par ce foulage étaient mis en tas sur l'aire, où les paysans vivaient le jour et dormaient la nuit pour garder leur récolte. Dès que se levait la brise qui soufflait de la mer l'après-midi et le soir, ils se plaçaient près de leur tas du côté opposé au vent, et, à l'aide de fourches ou de pelles, jetaient le tout en l'air. Le grain plus lourd retombait sur place ; les brins de paille s'amoncelaient un peu plus loin tandis que la balle et les menus débris s'envolaient plus loin encore dans le sens du vent, en formant un nuage de poussière continu comme une fumée d'incendie. Peu à peu, à petites journées et au caprice de la brise, se poursuivait ce battage primitif et lent, complété par le passage du grain au tamis : quand il durait jusqu'à la vendange, c'était un signe que la récolte avait été bénie de Dieu 1. Les beaux tas arrondis de froment et d'orge 2 étaient versés dans des silos ou des sortes de citernes taillées dans la roche avec une ouverture étroite facile à fermer et à dissimuler ou bien on les emportait dans les maisons et l'on en remplissait d'énormes jarres ou des auges taillées dans la pierre. La paille était donnée au bétail ou jetée au feu.
Si la culture des céréales était en somme prospère, puisque l'on en récoltait assez pour en exporter 3, celle des légumes devait être médiocre en plus d'une région par suite du manque d'eau et d'humidité. Pourtant une irrigation patiente à l'aide de rigoles enchevêtrées, où l'on dirigeait successivement un peu d'eau 4, permettait de récolter du millet, des lèves, des len-
rouleaux de bois mobiles portant en saillie des disques de métal qui font un peu l'office de hachoirs. Peut-être est-ce cet instrument qui est mentionné dans Isaïe, xxviii, 27 et 28, où il est question « du chariot » et de « la roue du chariot » dans un contexte où il s'agit de dépiquage ; cf. aussi Proverbes, xx, 26 ; Isaïe, xli, 15 et Amos, 1, 3, lesquels toutefois sont moins clairs.
1. Lêvitique, xxvi, 5. C'était de même une bénédiction quand la vendange se prolongeait jusqu'à l'époque des semailles.