‹ Histoire du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 37 sur 168 · Genèse, xxxiv · texte numérisé non relu

Genèse, xxxiv

7. Genèse, xxm, 10, 18. Il semble que l'expression du v. 10 : ira; >N3, bâ'ê sha*ar, « ceux qui viennent à la porte », désigne les citoyens ayant droit de parler au conseil de la porte ; et de même -iritf >Ni>, yâçe'ê skaar, « ceux qui sortent à la porte » de Genèse, xxxiv, 24.

Des voyageurs, arrivant de loin, y contaient leurs aventures à des auditeurs crédules ou sceptiques. Des nâbhîs enfiévrés et furibonds y donnaient en spectacle à un cercle silencieux les exercices bizarres de leur délire prophétique l. Un père et une mère y traînaient leur fils dissipateur, ivrogne, insensible aux remontrances, et demandaient aux cheikhs qui siégeaient de le faire lapider 2. Des parents y venaient pour défendre, preuves en mains, l'honneur de leur fille calomniée par l'homme à qui ils l'avaient mariée 3. Une veuve sans enfant y citait son beaufrère pour exiger de lui qu'il l'épousât afin de susciter une postérité à son mari défunt, et, s'il refusait d'accomplir ce devoir malgré les invitations des cheikhs, la femme lui arrachait sa sandale et lui crachait au visage 4. On y constatait publiquement l'abandon d'un héritage onéreux par un parent trop prudent et l'on y couvrait de louanges un Booz qui, par amour pour la pauvre Ruth, acceptait de la rendre riche et de faire revivre le nom de son premier mari 5. C'était là que se faisaient et se défaisaient les réputations, que l'on racontait les prouesses et que l'on semait la médisance, là enfin que les secrets des familles paraissaient au grand jour, heureux quand il ne s'agissait que de louer les mérites de la « femme forte » : et laudent eam in portis opéra ejus 6.

A ces menus faits de la vie journalière de l'agriculteur venait s'ajouter de temps à autre quelque malheur considérable qui en troublait le cours. Une épidémie comme la peste s'abattait sur les hommes ; une épizootie décimait les troupeaux. Un vent d'est prolongé desséchait les tiges, « amaigrissait les épis 7 » ; les ronces et les mauvaises herbes, multipliées par un hiver trop pluvieux, les étouffaient 8 ; ou bien hachés par la grêle, dévorés par les sauterelles, pillés par les rats et par les oiseaux, rongés

i. I Rois, xxn, 10.

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