‹ Histoire du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 66 sur 168 · Introduction, Juges, vi, 5, et texte ancien, vu · texte numérisé non relu

Introduction, Juges, vi, 5, et texte ancien, vu

seuils par où Ton monte de la plaine de Beth-shean à celle de Yizreël 1, et, de là, rayonnant un peu partout et jusque sur la Montagne d'Éphraïm même, ils lâchaient dans les champs leurs chameaux innombrables, faisaient main basse sur les ânes, les moutons et les bœufs, vidaient les maisons de tout ce qu'ils pouvaient emporter, puis s'amusaient à détruire le reste ; ils ne partaient que lorsque les champs étaient tondus et les aires saccagées.

Assez bons enfants, du reste, pourvu qu'on les laissât faire, ils ne s'acharnaient point à des exterminations systématiques puisqu'ils ne songeaient pas à conquérir la terre pour s'y établir et pour la faire valoir ; comme tout vrai Bédouin, qui méprise le travail des champs, ils préféraient en recueillir les fruits par la force brutale ou sous forme de redevances imposées au fellah2. Il va de soi pourtant que quelques assassinats, de ci, de là, et en passant, n'étaient pas à leurs yeux choses de conséquence. Tout au plus pouvaient-ils craindre de s'attirer ainsi des représailles de vendetta. Mais les Hébreux étaient alors trop lâches pour oser se venger : joas, le père de Gédéon, à qui les nomades tuèrent deux de ses fils, dévorait son chagrin et sa rancune dans l'inaction3. Et puis ces pillards acceptaient les risques professionnels de la maraude ; ce n'était pas cela qui pouvait les détourner de donner une leçon à tous en poignardant à l'occasion quelque Hébreu trop récalcitrant.

Leur venue était si soudaine, leur nombre si considérable, leur hardiesse si tranquille, que les Hébreux de la plaine de Yizreël et des hauteurs voisines se sentaient tout démoralisés. Il leur restait juste assez de présence d'esprit pour se tenir sur leurs gardes. Dès qu'ils pouvaient prévoir ou qu'ils apercevaient la razzia, ils enfouissaient à la hâte dans des silos ce qu'ils possédaient de plus utile ou de plus précieux. Les pillards venus, n'ayant pas l'audace de leur tenir tête, ils assistaient, la rage au

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