Cf. I Samuel
4. L'auteur de ce récit (I Samuel, m, 1, 19, 21) attache plus d'importance aux révélations directes qu'à la consultation de Yahwè par les sorts sacrés. C'est une preuve qu'il avait de la sympathie pour les idées prophétiques. L'étonnement du
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si naïve. Dans le temple presque obscur où vacillent les dernières lueurs de la lampe sainte qui va s'éteindre, Samuel est couché près de l'arche au lieu d'Héli qui dort ailleurs depuis qu'il n'y voit plus assez pour la garder. A trois reprises une voix l'appelle ; il s'éveille et, ne sachant pas que Yahwè parlait parfois à la manière d'un homme, chaque fois il court vers le vieillard. Celui-ci, qui n'a pas appelé l'enfant, s'étonne d'abord puis finit par comprendre ; il lui recommande, en cas d'un nouvel appel, de répondre à la voix mystérieuse : « Parle, ô Yahwè, car ton serviteur écoute ». C'est ce que fait Samuel à la quatrième fois. Alors Yahwè lui annonce qu'il va punir Héli pour sa faiblesse, et ses fils pour leur impiété. Le lendemain matin, embarrassé d'avoir reçu et de porter ce lourd secret, le jeune serviteur du temple ouvre la porte et se met à vaquer à son ouvrage habituel comme si de rien n'était. Ce silence même inquiète le vieil Héli ; il fait venir l'enfant intimidé qui se trouble et, sans grande peine, il lui tire son secret. Il apprend tout et se soumet d'avance au châtiment.
Cette vision, bientôt connue, confirma les fidèles dans l'espoir qu'ils se plaisaient à mettre en Samuel. Celles qui la suivirent augmentèrent encore la renommée du nouveau voyant. Il devenait, tout subalterne qu'il fût, le premier personnage d'Israël : la clarté de sa vue rejetait dans l'ombre les sorts des Lévites ; comme prophète, il éclipsait les prêtres qu'il servait. Avec sa double qualité de prophète et de Lévite, Samuel apparaît, dans cette période lointaine, comme un précurseur de Jérémie ; en lui comme en ce dernier, les deux principales forces religieuses qui s'opposèrent si souvent au cours de l'histoire d'Israël s'unissent déjà harmonieusement. 11 est un de ces personnages de transition que Dieu ménage à son peuple aux heures de crise et qui, en s'appropriant des idées et des aptitudes ordinairement divisées entre plusieurs partis, se trouvent ainsi préparés à utiliser les dernières ressources d'un ordre de choses qui va finir et à préparer
jeune Samuel qui, par suite de sa fréquentation des prêtres, connaissait surtout l'emploi de l'éphod divinatoire, est ainsi très heureusement expliqué.
L'expression de ni, i « la parole de Yahwè était rare en ces jours-là » doit être entendue selon l'usage prophétique des mots « la parole de Yahwè », qui désignent une communication, une inspiration, une révélation divine. En d'autres termes, quand Samuel paraît, il n'y avait encore que de « rares » prophètes. Ce détail a une grande importance pour la question littéraire; il fixe l'époque à laquelle remontaient les premiers souvenirs de l'école prophétique touchant les prophètes.