‹ Histoire du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 96 sur 168 · Exode, xxxn ; Juges, vin, 26, 27 ; xvn · texte numérisé non relu

Exode, xxxn ; Juges, vin, 26, 27 ; xvn

2. L'invasion des Israélites en Canaan se place dans l'âge du bronze ; l'âge du fer commença pour cette région avec le xie siècle. Mais jusqu'au temps de David et de Salomon, le bronze lui-même n'abondait pas aux mains des Hébreux : à plusieurs reprises ils se plaignent du manque d'armes : cf. Juges, v, 8 ; I Samuel, xni, 22 ; ibid., xvii, 4-7, 38, 39, montrent que les armures complètes de métal étaient chose rare, comme le montre aussi l'emploi d'armes de fortune : un aiguillon à bœufs (Juges, m, 31) ; une mâchoire d'âne (ibid., xv, 15, 16) ; une fronde (I Samuel, xvii, 40 et suiv.) ; une hache (II Samuel, xxm, 8) ; un bâton (ibid., 21). La même conclusion est à tirer de I Samuel, xiii, 19-22 : les Philistins se réservent les industries du métal chez les Hébreux asservis ; c'était là une mesure de prudence en vue de rendre la révolte difficile ; mais cela pourrait établir aussi la supériorité des Philistins sur les Israélites dans le travail des métaux. Cf., ci-dessous, p. 365.

3. On peut le déduire du fait qu'il possède un sanctuaire privé de quelque importance et de ce que c'est lui qui semble avoir eu la charge d'héberger les voyageurs ; cf. Juges, xvn, 7-9 ; xviii, 2, 3.

et tant désirés : c'est en grande partie grâce à l'or et au bronze recueillis par David à la suite de ses victoires que Salomon fut à même de donner tant de splendeur au temple de Jérusalem * ; c'est Salomon qui, par l'essor commercial de son règne, fit affluer l'or à Jérusalem et rendit « l'argent aussi abondant que les pierres 2 » ; et si les deux veaux dorés installés par Jéroboam Ier à Dan et à Béthel gagnèrent tout de suite un prestige si considérable, c'est sans doute un peu parce qu'un roi seul était alors en mesure de les faire fabriquer 3. Peu à peu, les métaux de luxe, d'abord réservés aux grands, finirent par circuler aussi dans les mains du peuple ; c'est après cette diffusion seulement qu'auraient été fabriquées toutes ces idoles contre lesquelles les prophètes lancèrent le sarcasme et l'anathème. Si cette vue est juste, on hésitera avec raison à affirmer, d'après l'unique mention de l'idole de Mikhâ, que la période des Juges vit les statues et les représentations symboliques de Yahwè répandues à foison. Il y en eut sans nul doute ; mais peut-être assez peu, relativement à leur multiplicité pendant l'époque des rois.

Des sacrifices humains fuient offerts occasionnellement peutêtre assez tôt en l'honneur de Yahwè, à l'imitation du baalisme et malgré la défense traditionnelle dans le yahwéisme. Il ne s'agit pas ici, on le comprendre l'immolation des prisonniers de guerre, que réclamait la rigueur impitoyable du hérém ; pareilles exécutions, toutes rituelles qu'elles fussent, ressortissaient aux lois de la guerre telle qu'elle se faisait en un temps où la religion pénétrait les actes collectifs du clan et de la tribu. Mais le sacrifice humain proprement dit, pour des motifs d'ordre religieux, se pratiqua sûrement alors en hommage à Yahwè. Sur ce point encore toutefois, nous n'avons qu'un exemple à fournir et nous aurons garde de le généraliser. Mais cet exemple est typique et, d'ailleurs, des moins contestables. C'est celui de Jephté qui immole de sa main sa fille unique à la suite d'un vœu 4. A coup sûr, le fait que l'on institua une fête annuelle pour célébrer périodiquement la mémoire de cette immolation montre à l'évidence jusqu'à quel point

i. II Samuel, vm, 7, 8 et I Chroniques, xviii, 8 ; II Samuel, vm, 10, 11.

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