‹ Histoire du peuple hébreuChapitre 23 sur 137 · I Samuel, xm · texte numérisé non relu

I Samuel, xm

2. I Samuel, xiv, 21. Si l'on s'en tient au sens précis des mots de ce texte, les Hébreux auxiliaires, étant « montés » au camp avec les Philistins, pourraient être des Hébreux établis dans la plaine côtière et soumis aux Philistins. Ils ressembleraient ainsi à David et à sa bande, installés dans le territoire d'Akish, roi philistin de Gath, et obligés de se joindre à leur suzerain pour marcher contre Satil. Mais ces Hébreux pourraient être aussi des habitants du territoire israélite de la région moins élevée que Mikhmash, où était le camp philistin.

3. I Samuel, xm, 19-22. Sur le texte de ce passage, qui est obscur et en mauvais état aux versets 20 et 21, voir, outre les commentaires, Pilcher, Hebnw Weights in the Book of Samuel, dans Quarterly Statement, 1916, pp. 77-85. Pour cet auteur, les mots pîm (qu'il lit payam) et qilleshtn seraient des poids pour l'argent : ces mots indiqueraient le salaire à payer pour aiguiser les divers outils.

La situation qui est décrite ici l'est d'après les textes bibliques qui se réfèrent au soulèvement provoqué contre les Philistins par Saùl. Mais on ne voit pas si elle correspond en réalité aux derniers temps de la judicature de Samuel, ou si elle ne marquerait point les années qui séparèrent, semble-t-il, l'avènement de Saiil de sa révolte contre les envahisseurs. Du reste, cette méthode de désarmement des Hébreux pourrait avoir été suivie par les Philistins, sinon habituellement, du moins à d'autres époques, comme on le supposerait d'après l'histoire de Samson, aux mains duquel on ne voit point d'armes, et d'après l'indication donnée sur Shamgar, qui n'avait qu'un aiguillon à bœufs, Juges, ni, 31. Pareil désarmement avait été opéré par les Cananéens dans la plaine de Yizreël, Juges, v, 8.

4. Ce détail pourrait être déduit de l'existence, vers le village de Mâlhah, situé à quelque cinq kilomètres au sud-ouest de Jérusalem, de trois monticules artificiels,.

32 l'institution de la royauté]

proie des razzias philistines, qui venaient y ravir le bétail et les récoltes 1. Au nord, les Zakkalas, installés sur la côte au pied du Carmel, faisaient cause commune avec leurs congénères du Saron et de la Shephêlâ ; ils devaient aussi trouver tout au moins des sympathies chez les Cananéens, maîtres des places fortifiées qui se dressaientsur le pourtour de la plaine de Yizreël 2.

Ainsi enserré et pénétré par l'ennemi, soumis à une surveillance soupçonneuse et tracassière, appauvri, abaissé par un asservissement méthodique, Israël languissait dans l'attente inquiète de l'homme ou de l'événement qui l'aiderait à sortir de sa misère.

Car il n'avait pas perdu tout espoir. Il sentait confusément ce qu'il entrait de faiblesse dans la suprématie des Philistins. Ceux-ci avaient contre eux leur petit nombre qui les obligeait à lever des recrues parmi les Hébreux même, et à grossir ainsi leurs contingents d'auxiliaires dont la fidélité était plus qu'incertaine 3. En outre, ils se heurtaient à des groupes israélites que des siècles d'une expérience coûteuse avaient instruits de la nécessité d'une cohésion plus étroite, et qui, se serrant davantage à porter le même joug, comprenaient qu'en unissant comme jadis toutes leurs forces pour faire face à l'ennemi commun, ils finiraient par reconquérir une fois de plus leur liberté perdue. Enfin, la foi religieuse, ravivée par Samuel, stimulait la foi nationale ; on voulait croire que, d'une façon ou de l'autre,

hauts d'un? huitaine de mètres, ayant un pourtour de base d'une centaine de mètres. Ils renferment une grande quantité de tessons que les fouilleurs américains, qui les considèrent comme étant d'origine étrangère, datent des xne et xie siècles avant J.-C. De plus, la forme de ces tertres rappelle celle des tumuli de Thessalie et de Thrace. On a aussitôt pensé que l'on pourrait avoir là un vestige d'une occupation philistine. Voir L.-H. Vincent, Fouilles de l'Ecole Américaine, dans Revue Biblique 192 1, pp. 420, 421. Il est intéressant d'ajouter qu'au temps de David, les Philistins envahirent la plaine des Rephaïm, qui n'est pas éloignée de ces trois tertres. L'occupation étrangère en ce lieu expliquerait bien l'obstination des Philistins à s'y attacher et Jes efforts répétés de David pour les en déloger : deux batailles au moins furent livrées par lui dans ce canton, II Samuel, v, 17-25.

1. Les incursions philistines en Juda, qui se produisirent au temps de Samson, Juges, xv, Q-17, sont mentionnées de nouveau sous le règne de Saii!, I Samuel, xvn.

2. Sur les Zakkalas de Dôr, voir La Période des Juges, p. 51. Leur entente, par alliance ou suprématie, avec les Cananéens, de la plaine, est rendue vraisemblable par le fait que Saiil, attaqué par les Philistins, ne prend position contre ceux-ci que dans la portion méridionale de la plaine de Yizreël.

3. Di fait, ces auxiliaires feront défection à la bataille, I Samuel xiv, 21 ; David et ses gens furent licenciés par les chefs philistins, fort inquiets ae leur fidélité problématique, ibid., xxix.

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