‹ Histoire du peuple hébreuChapitre 25 sur 137 · IL — DÉSIGNATION DE SAUL POUR ROI · texte numérisé non relu

IL — DÉSIGNATION DE SAUL POUR ROI

Un Benjaminite aisé, du nom de Qish, originaire de Cela1, mais demeurant à Gabaa, avait un fils appelé Saiil. Parvenu à la fleur de l'âge, Saûl frappait tous les yeux par sa haute stature et sa rare beauté. Il ne se souciait encore que de ses terres, et pourtant beaucoup déjà l'avaient remarqué à cause de ses dons extérieurs et du rang de sa famille.

Un jour, quelques ânesses de son père s' étant égarées, il partit à leur recherche avec un serviteur. Il eut beau parcourir la contrée en tous sens, chercher dans la Montagne d'Ephraïm

1. On pourrait, du moins, le conclure du fait que c'est à Cela que Qish avait son tombeau et fut inhumé; là aussi furent transportés les restes de Sali', de ses trois fils tués avec lui, et des sept Saùlides exécutés pour satisfaire à la vendetta des Gabaaonites, Il Samuel, xxi, i\. On sait que le lieu où se trouvait le tombeau d'une famille marquait ordinairement le lieu d'origine de celle-ci. Cela nVst pas identifiée. On voit seulement par Jotué, xvm, 28, qui répartit les villes de Benjamin en deux groupes, qu'elle se trouvait dans la portion du territoire de cette tribu située vers le sud-ouest et, du moins, d'après l'ordre de la série, non loin de Jérusalem. Ce détail sur !a localité benjatnin;te où était le tombeau familial de Saiil enlève, à lui seul, presque toute vraisemblance h la théorie de Winckler, qui fait de Saiil un Gilaadiie {Getchichte Israels, t. Il, p. 15^, is7; Die Keilinschritten unâ das Altc Testament, 3e é htion, p 227), comme à celle de Cheyne, qui fait de lui un semi Y^rahm -élite du Négéb {Encyclopaedia Biblica, Saiil, col. 4302-4315).

SattI et David. 3

34 l'institution de la royauté

et le pays de Shalishâ, dans le pays de Shaalim et dans celui de Benjamin, les ânesses restaient introuvables. Après trois journées de courses infructueuses, il se résignait à rentrer sans elles chez son père, qui devait s'inquiéter de sa longue absence, lorsque, près d'une ville du pays de Çouph, où il était parvenu, son serviteur se souvint à propos qu'un voyant habile et renommé s'y trouvait et suggéra, en désespoir de cause, d'aller le consulter. Mais Saûl hésita. Il se faisait un scrupule de cette démarche, n'ayant pas la moindre chose à présenter à l'homme de Dieu : pas de pain, car les sacs étaient vides ; pas d'obole, puisqu'on n'avait point, au départ, prévu pareil insuccès. Par bonheur, le serviteur trouva sur lui une pièce d'argent d'un quart de sicle i. Enhardis et reprenant espoir, Saûl et son compagnon se dirigèrent vers la ville.

Comme ils gravissaient le chemin de la colline où elle était située, ils croisèrent des jeunes filles chargées de leurs cruches, qui descendaient pour aller chercher de l'eau en dehors des murs. Ils s'arrêtèrent un instant, et les questionnèrent sur le personnage qu'ils cherchaient. Elles mirent une aimable complaisance à informer les deux voyageurs qu'ils le trouveraient sans peine, car c'était jour de fête ; un sacrifice venait d'être offert sur le haut lieu ; les convives, déjà réunis, n'attendaient plus, pour commencer le festin sacré, que la présence du voyant, venu tout exprès pour le bénir, et celui-ci se disposait justement à partir à l'instant 2. Ainsi renseignés, Saul et le serviteur reprirent leur marche, et atteignirent la ville, Ils s'engageaient dans la porte du mur d'enceinte, lorsqu'ils aperçurent un vieillard qui s'avançait ; ils l'abordèrent pour lui demander plus exactement le chemin de la maison du voyant. «C'est

1. Le quart de sicle représentait environ quatre grammes d'argent. L'hésitation de Saiil pouvait venir d'une certaine délicatesse ; mais elle pourrait aussi avoir eu sa cause dans les exigences habituelles de ceux que l'on consultait. Sur les présents modestes portés à un nâbhi à qui l'on demande une consultation, voir I Rois, xv, 3.

2. H semble bien que la présence de Samuel était purement honorifique : le sacrifice proprement dit a été offert sans lui: il n'est venu que pour présider le festin sacré: en somme, il n'y prendra part qu'à titre d'hôte d'honneur : il n'y est qu'un invité. Ce détail serait de nature à faire supposer que Samuel n'était pas un citoyen de cette ville, et que celle-ci n'était donc pas Râmâthaïm, d'où il était originaire. Ce sacrifice municipal ne rentre pas dans les prescriptions rituelles de notre Pentateuque. Sur la signification historique de ce fait, voir La Période des Juges, pp. 329,

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