Cf : T S&mitgl, xrm, 9 b, qui manque à B
S$ SAÙL ET DAVID
mille chimères terrifiantes. Tout devenait un aliment pour ses soupçons dès qu'il s'agissait de David. S'il lui confiait un coup de main, il était sûr d'avance du succès ; mais savait-il si le jeune héros, revenant à la tête de ses troupes grisées d'enthousiasme, ne s'emparerait pas violemment de la couronne? S'il le gardait près de lui à Gabaa, n'était-ce point favoriser les intrigues, puisque l'une de ses filles et l'héritier du trône même n'avaient d'yeux que pour cet intrus trop heureux? Enfin, comment lui, un Benjaminite, pouvait-il en être venu à chercher dans un Judéen l'appui le plus solide de son autorité ?
A ces questions obsédantes, déjà peut-être envenimées par quelques jaloux \ son esprit malade lui suggéra, puis lui imposa une seule réponse : il fallait que David dispaiût. Ce fut dès lcrs son idée fixe. On ne tarda pas à voir l'influence de cette hantise dans tous ses rapports avec son prétendu rival : il le nomma chef de mille, il le plaçait à la tête de ses armées ; mais c'était afin de l'exposer aux hasards de la guerre 2. 11 lui promit sa fille aînée, Mêrab, moyennant une belle victoire sur les Philistins, qui, pensait-il, finiraient bien, un jour ou l'autre, par ne pas le laisser rentrer vivant ; David rentra vainqueur, et Saùl, pour venger sa déception, donna Mêrab à Adriel de Meholâ 3. Et comme la cadette, Mîkhal, l'aimait, Saul consentit à les unir, mais à la condition que David courût de nouveaux dangers pour lui présenter, en guise de môhar, ou cadeau de noces, les preuves sanglantes de la mutilation de cent Philistins égorgés 4 î
x. I Samuel, xxiv, 10; xxvi, 19.