DAVID S'EMPARE DE SION
d'une façon claire, nos textes donnent à penser que ce héros fut Joab, fils de Servia, et neveu de David ; il fut nommé prince et chef.
Des autres péripéties de la lutte que, le premier moment de stupeur passé, les Jébuséens engagèrent avec ces visiteurs inattendus, de la prise de la citadelle, de la chute de la ville, nous ne savons rien. Pourtant on peut croire que Jérusalem se rendit au lieu de résister, car on rencontrera un peu plus tard un Jébuséen du nom d'Ornâ, qui avait gardé ses champs et son aire à proximité des murailles, alors que les conquérants n'avaient pas coutume de laisser la possession de leurs richesses aux vaincus qui leur avaient tenu tête les armes à la main. Il est vrai que l'on a supposé que cet Orna pourrait avoir été le traître, et la conservation de sa vie avec ses biens une partie du prix touché par lui pour ses indications1.
d'eau et non le système des passages ascendants ; toutefois, on aurait pu dire « passer par le çinnôr », même dans ce cas. Malheureusement, l'hébreu, les Septante, Aquila, Lucien, la Vulgate disent simplement « toucher » le çinnôr ; Symmaque traduit « s'emparer ». Quant à corriger « quiconque... aura touché yan »le çinnôr » de II Samuel, v, 8, par « il monta (Sîm) » dans le çinnôr, d'après I Chroniques, xi, 6, qui, ne connaissant pas le çinnôr, présente un tout autre contexte, c'est une hardiesse critique qui s'inspire de la vérité de l'hypothèse de l'escalade par le passage ; elle ne saurait avoir de valeur pour l'appuyer. Au surplus, dans ce cas, l'hébreu n'aurait-il pas employé la préposition 173, comme dans Joël, II, 9, « venir par les fenêtres », de préférence à 3, qu'on trouve pourtant aussi avec « monter par les fenêtres » dans Jérémie, ix, 20, « par les lui », dans I Rois, vi, 8 ; sur ce terme lui, voir, Salomon, p. 105, n. 1.
Aussi, bien que l'hypothèse de Birch et de Vincent puisse paraître préférable, serait-il sage de ne pas en écarter d'autres, comme celle du passage par le canal II, qui a été envisagée ci-dessus, comme celle encore qui pourrait être déduite de l'existence d'un canal II a, branché sur II à 61 m. 90 de son origine, simplement exploré dans une courte section initiale et se drigeant vers l'intérieur de la colline. Sur II*, voir Vincent, Les récentes fouilles dOpkel, Revue Biblique, 1911, pp. 580- 583. Cette galerie IIa y est donnée comme creusée par les mêmes procédés que les canaux I et II ; pour la date, on suggère simplement qu'elle est différente.
En dehors des découvertes que peuvent réserver des fouilles plus complètes sur la colline orientale, et qui pourraient donner naissance à d'autres hypothèses encore, le flottement qui existe relativement à la date du percement des canaux oblige aussi à ne pas concentrer toute son attention sur une hypothèse à l'exclusion des autres. Sans doute les canaux I et II avaient pour raison d'être l'irrigation des champs et jardins de la vallée du Cédron et de la pente orientale de la colline de l'est, et l'on aime à penser que Salomon en particulier s'appliqua à créer des jardins dans cette région ; voir, Salomon, p. 124, n. 2. Mais qui oserait affirmer que les Jébuséens n'avaient rien entrepris de tel avant lui ? L'argument des convenances historiques n'est de mise que lorsqu'on possède des renseignements assez étendus, ce n'est pas le cas pour la question présente.
1. Sur Orna, voir, ci-dessous, p. 257. Birch, dans. Jes deux articles cités dans la note précédente, imagine que c'est cet Orna qui indiqua le passage souterrain à David, et aida Joab à grimper dans le puits. Il allègue Josèphe, qui raconte qu'Orna
l8o DAVID ET JÉRUSALEM
David installa les Hébreux dans Jérusalem, ainsi conquise contre toute attente. Il semble avoir chargé Joab de présider à la vie municipale ou à des travaux d'aménagement. Enfin, il choisit pour sa propre résidence cette fameuse citadelle de Sion, du haut de laquelle on l'avait nargué, et, imitant les grands monarques asiatiques, en changea le nom en celui de Ville- David. David, roi de tous les Hébreux avait trouvé et gagné sa capitale1.
fut épargné à la prise de Jérusalem à cause de sa bienveillance à l'égard des Hébreux et qu'il était parmi les plus grands amis de David, Antiquitates Judaicae, vu, 3 3 ; 13, 4. Birch supposerait même que les 600 sicles d'or donnés à Orna pour le prix de son aire (I Chroniques, xxi, 25), représenteraient, sous un prétexte d'achat conclu, en réalité, pour 50 sicles d'argent (II Samuel, xxiv, 24), le prix de sa trahison. Orna avait gardé ses biens. Mais d'autres biens des Jébuséens avaient dû passer aux mains des vainqueurs : Absalom et Joab possédaient des champs près de Jérusalem, II Samuel, xiv, 30.
1. Ces détails complémentaires sont fournis par II Samuel, v, 9 a, et I Chroniques, xi, 7, 8.
Au lieu de la traduction de l'appellation hébraïque c Ville-David », on emploie plus communément l'expression « la Cité de David », qui parait dérivée de « Civitas David » de la Vulgate. Mais l'emploi du mot « cité pour « ville » n'est pas correct dans ce cas.
La situation précise de Ville-David ou Sion n'est pas encore connue, car les données bibliques et les données archéologiques actuelles ne sont pas suffisantes pour la déterminer.
Parla Bible, on sait d'abord que Ville-David se trouvait sur la colline orientale et plus bas que le temple, par conséquent au sud de celui-ci, dont la place est fixée par la Roche sacrée de la mosquée d'Omar, — puisque Ville-David, avec les tombeaux des douze premiers rois de Juda(voir, ci-dessous, p. 189), n'était pas éloignée du réservoir de Siloé, de la porte de la source ('Ain Rogel) et du jardin du roi situé à l'est de ce réservoir dans la vallée du Cédron (Néhémie, ni, 16 ; xn, 37) — enfin que Ville- David n'était que l'ancienne citadelle de Jérusalem, et n'en constituait donc qu'un quartier, un quartier plus solidement fortifié, comme, toutes proportions gardées, ces châteaux-forts qu'on voit dans quelques villes modernes. A ces données plus fermes s'ajoute la donnée hypothétique du çinnôr, c'est-à-dire de ce canal qui aurait offert un passage pour pénétrer de l'extérieur des mur? à l'intérieur de Sion (II Samuel, v, 8).
Appuyées sur ces données bibliques, les données archéologiques actuelles permettraient d'envisager trois hypothèses relativement à la situation plus précise de Ville-David sur la colline orientale.
Une première hypothèse place Ville-David sur la portion du sommet qui se trouve au-dessus de la source de Gihon. Elle s'appuie principalement, sinon exclusivement sur l'hypothèse du çinnôr, qui, pour elle, ne peut-être que le passage souterrain, brièvement décrit ci-dessus, p. 176, et qui aurait permis de se glisser de la source à l'intérieur de Sion. Ce passage aboutit sans nul doute, quoique son débouché supérieur ne soit pas encore connu, sur une sorte de terrasse comprise entre les cotes 695 et 690, qui aurait, en effet, fourni un point d'appui très heureux pour la citadelle : au nord le mur tranversal de Guthe et le glacis de Macalister auraient formé une partie de sa défense extérieure ;la dépression qui le sépare d'Ophel et qu'on semble avoir encore creusée le protégeait ; le passage à la source assurait l'approvisionnement en eau ; enfin, à cette place, la citadelle aurait dominé toute la partie méridionale de la colline, où s'étendait le quartier principal de la ville. Pour ces raisons, cette hypothèse mérite la faveur qu'on lui accorde. Mais elle a
DAVID ORGANISE JÉRUSALEM l8l
Quelque hésitation que l'on puisse éprouver à se servir, à propos d'une œuvre politique dont le théâtre n'était pas plus grand et n'était pas aussi riche que Tune de nos anciennes provinces de Bourgogne ou de Champagne, des expressions qui sont de mise dans l'histoire des grand pays modernes, on peut pourtant dire qu'en choisissant Jérusalem pour capitale, David fit vraiment figure d'homme d'État. Cette ville, en effet, occupait une position de quelque valeur pour la vie d'Israël, et, d'autre
contre elle, ainsi qu'on l'a déjà signalé, d'abord l'incertitude où l'on est que ce passage ait été appelé çinnôr, car il n'est pas un « canal », si ce n'est dans son extrémité inférieure ; puis l'extrême difficulté de grimper dans le puits vertical de treize mètres ; enfin le peu de concordance avec les textes de Néhémie, cités ci-dessus. En outre, on n'a encore trouvé dans l'emplacement ainsi présumé de Sion que des sépultures cananéennes et non le tombeau des rois de Juda ; mais des fouilles plus étendues, pourraient amener la découverte de ce tombeau. Sur cette hypothèse voir Vincent, Jérusalem, t. I, pp. 146-161.
Une deuxième hypothèse placerait Sion à la pointe méridionale de la colline. Ici, on a découvert des ouvrages fortifiés cananéens extrêmement solides. Un canal, un vrai çinnôr, dont on n'a pas la preuve qu'il n'est pas cananéen, passe au-dessous, et, bien qu'encore inexploré, pouvait sans doute permettre aux habitants de venir y puiser de l'eau. Non loin de là, à une centaine de mètres au nord de la pointe, M. Weill a découvert des tombeaux, dont le plus grand ne peut guère être celui de David, mais pourrait être plutôt celui d'Ezéchias ou de quelque grand de son temps (voir, ci-dessous, p. 188, n. 1). Or Ezéchias fut enterré « à la montée des tombeaux des fils de David » ; ces tombeaux se trouvant dans Ville-David ou Sion, Sion serait à situer dans cette partie méridionale de la colline. Cette localisation se trouve conforme aux textes de Néhémie, conforme aussi à II Chroniques, xxxii, 30, qui place le déversoir du canal amenant l'eau de Gihon au couchant de Ville-David. Elle a contre elle, d'abord, que la citadelle aurait ainsi occupé la portion la plus basse de la ville, qui l'aurait dominée ; puis, que l'on n'a pas trouvé encore le tombeau de David, qui devait, au dire de Josèphe, comporter un puits d'accès et des caveaux funéraires ; mais on peut le trouver en continuant les fouilles ; enfin que Ville-David, transformée en citadelle par les Syriens de l'époque macchabéenne, se serait trouvée relativement loin du temple et de la ville, qu'elle inquiétait constamment ; mais le nom de Ville-David avait pu s'étendre au-delà dés limites de l'ancienne Ville-David, comme a fait le nom de Sion.
Une troisième hypothèse, qui absorbe et concilie les deux précédentes, donne pour emplacement à Ville-David toute la colline, depuis les murs de Guthe et de Macalister au-dessus de la source Jusqu'à la pointe méridionale. Elle peut se prévaloir des arguments avancés par les deux autres, mais elle a contre elle l'extension considérable qu'elle suppose à Ville-David. On pourrait admettre cette manière de voir si la ville jébuséenne s'était étendue sur les deux collines, car alors la citadelle, simple quartier de la ville, aurait eu des dimensions proportionnées. Mais si la Jérusalem jébuséenne n'occupait que la colline orientale, il faudrait supposer qu'elle englobait une partie au moins du renflement d'Ophel, en s'y joignant par le Millô ou Remblai, si celui-ci se trouvait en ce lieu ; même dans ,ce cas, cependant, la citadelle aurait couvert près de la moitié de l'aire accordée à l'ensemble de la ville, c'est beaucoup en soi, beaucoup aussi pour une résidence royale de ce temps.
On ne sera vraiment fixé sur cette question que lorsque des fouilles complètes auront déblayé la colline orientale. Et si cette colline a été réellement abaissée sous les Asmonéens, comme le prétend Josèphe {Antiquiiatcs judaicae, xm, 6, 6 ; De Bello Judaico, v, 4, 1), saurons-nous jamais où était au juste Ville-David ?
l82 DAVID ET JÉRUSALEM
part, il n'était pas sans importance que le centre du royaume agrandi î ût une ville.:j ùsque là étrangère aux Hébreux.
Située à dix-sept lieues de la côte méditerranéenne, Jérusalem se trouvait trop avant dans le massif montagneux pour être en mesure d'exercer une surveillance très efficace sur la grande route du littoral. Elle ne pouvait pas non plus commander les passages du Jourdain voisins de Jéricho, dont quatre lieues la séparaient. Aussi, malgré sa position presque centrale pour la moitié méridionale de la Terre sainte, n'y dominait-elle pas : à l'époque d'El-Amarna, quand Arta-Hepa y régnait, les pillards et les insurgés de la contrée ou de l'Outre-Jourdain bravaient impunément, dans leurs coups de main, l'infortuné roitelet de cette ville retranchée ; à la conquête, Josué et les Judéens l'avaient tout simplement tournée en la laissant, celui-là sur sa gauche pour gagner la Montagne d'Éphraïm, ceux-ci sur leur droite pour se diriger vers la région de Bethléem.
Mais son isolement, qui l'empêchait de dominer, lui garantissait la sécurité dans une large mesure. Ramassée sur la portion inférieure de la colline orientale, elle n'était accessible de plainpied que par le nord : mise à part sa capture par surprise au temps de David, c'est toujours de ce côté qu'elle semble avoir été prise, et elle le fut souvent au cours de sa longue histoire. Partout ailleurs, ses vallées, que le glissement de la terre et l'amoncellement des décombres n'avaient pas encore surélevées, opposaient aux opérations d'un siège des difficultés presque insurmontables. Avec les murs, les tours et les autres ouvrages de défense que les Jébuséens avaient construits, que les rois de Juda restaurèrent et complétèrent, Jérusalem était une place forte de premier ordre. On comprend que les Hébreux aient dû attendre plus de deux siècles avant de pouvoir s'en rendre maîtres et qu'elle put, par la suite, arrêter devant elle les assaillants les plus décidés et les mieux outillés.
Comme toutes les places antiques, Jérusalem était aussi le centre d'un commerce assez prospère, moins intense cependant que le commerce des villes de la Shephêlâ ou de la plaine de Yizreël, en raison de sa situation écartée dans les montagnes. Mais la sécurité que ses murailles offraient aux marchands, l'attraction que la ville exerce sur les gens de la campagne, qui
y trouvent un marché où ils écoulent rapidement leurs produits et achètent à bon compte les objets qui leur manquent, la présence des diverses industries du vêtement, de la poterie, des outils, contribuaient sans nul doute à y entretenir cette activité des relations et cette affluence des visiteurs qu'on voit encore aujourd'hui dans les moindres villes de l'Orient. Des routes nombreuses y aboutissaient, venant de Gaza, de Jaffa, de Bethhoron, de Sichem, de Jéricho, de Bethléem et d'Hébron, et se ramifiant en un réseau de sentiers inimaginables, qui escaladaient les collines, dévalaient les pentes, presque toujours au plus court, malgré les rochers glissants, les montées abruptes et les descentes en casse-cou.
Jérusalem offrait donc à David un vrai centre, solide et bien fréquenté. Elle lui offrait, en second lieu, des avantages politiques de la plus haute importance. D'abord, elle avait, sur Hébron et Mahanaïm, les capitales judéenne et israélite, qui étaient fort excentriques, la supériorité de se trouver située juste au centre du long massif montagneux qui s'étend de la plaine de Yizreël au Négéb, et qui, constituant le territoire des tribus principales : Manassé, Ëphraïm, Benjamin, Juda, formait l'aire d'appui géographique de la nation. Jérusalem avait marqué jusqu'alors le point de séparation de Juda et d'Israël; dans la pensée de David, elle devait être désormais leur lieu de réunion, comme leur point de soudure.
De plus, à considérer les destinées de la nouvelle capitale, il faudrait peut-être apprécier beaucoup l'avantage qu'elle avait de ne point se rattacher au passé des tribus. Ni judéenne, comme Hébron, ni israélite, comme Mahanaïm, elle devait admirablement convenir à un roi qui, rassemblant sous un même sceptre deux royaumes hier encore ennemis, serait soucieux de s'appliquer à leur faire oublier leur antagonisme et leurs querelles en présence des perspectives que l'avenir ouvrait devant eux. Aucun des deux partis ne possédait sur Jérusalem de ces droits particuliers qu'ils ne cesseront de revendiquer sur d'autres objets avec la moins fraternelle âpreté. Leur roi les conviait à unir toutes leurs forces sur un terrain neutre, si l'on peut s'exprimer ainsi, pour commencer une nouvelle page de leur histoire, et inaugurer une nouvelle phase de leur destinée.
Inspiré plus ou moins consciemment par ces diverses raisons, David, une fois maître de Jérusalem, s'y installa avec un grand nombre d'Hébreux, et, sans aucun doute, ne négligea point d'y effectuer quelques-uns des aménagements que nécessitait la transformation de la petite ville jébuséenne en grande capitale hébraïque.
On ne saurait évaluer au juste l'afflux de population qui s'y produisit alors ; mais on devine qu'il fut considérable. Avec son harem, qui finit par renfermer pour le moins une vingtaine d'épouses et de femmes de second rang, avec ses enfants, dont plusieurs ne tardèrent pas à avoir leur train de maison particulier, avec ses serviteurs et ses esclaves de l'un et de l'autre sexe, David avait auprès de lui ses ministres et leur famille, ses hôtes, ses Preux, ses mercenaires étrangers : Cretois, Plêthis, Gattites. Ces derniers étaient au nombre de six cents, et comme ils possédaient femmes et enfants1, ils constituaient à eux seuls un groupe de population qui comptait de deux à trois mille âmes. Judéens et Israélites ne tardèrent pas à affluer, appelés ou attirés par le roi. On ne doit guère se tromper en supposant qu'au bas mot sept ou huit mille nouveaux habitants s'installèrent à Jérusalem au cours du règne de David. Les Jébuséens ne semblant pas avoir été exterminés ni chassés, leur ville, avec ce grand appoint, devint trop exiguë. Aussi ne paraîtil pas douteux, que, non seulement la colline orientale se trouva bientôt comble, mais, en conséquence, que la colline occidentale fut alors envahie par une population plus dense que celle qui avait pu en occuper auparavant quelques quartiers.
Pour loger tout ce monde, il fallut construire des maisons, et, pour le protéger, élargir l'enceinte. David ne pouvait se désintéresser de ces travaux. Sans doute, la guerre absorba souvent sa pensée et son temps : pour son règne on compte cinq ou six campagnes. Mais comme chacune d'elles ne durait que les mois d'une seule belle saison2, et que, d'ailleurs, il ne les dirigea pas personnellement toutes3, il avait eu sûrement, au cours des