DAVID TRANSFERE L'ARCHE A SION I
transfert. David n'avait pas opéré celui-ci sans peine ; mais il y avait mis une pieuse obstination, et Yahwè le récompensait en lui assurant une dynastie aussi stable que la glorieuse demeure qu'il avait préparée pour son Dieu.
Souviens-toi, Yahwè ! de David
Pour toute la peine qu'il s'est donnée,
Ayant fait ce serment à Yahwè,
Et ce vœu au Puissant de Jacob :
« Jamais je n'entrerai dans la tente où j'habite, « Jamais je ne monterai sur le lit où je couche, « Jamais je ne donnerai de sommeil à mes yeux
« Ni de repos à mes paupières, « Avant d'avoir trouvé un séjour à Yahwè, « Une demeure au Puissant de Jacob».
Voici qu'à Éphrata on nous l'a signalé,
Et nous l'avons trouvé aux campagnes de Yaar.
Entrons dans sa demeure ; Prosternons-nous devant l'escabeau de ses pieds. 1
David, de trouver un séjour digne de l'arche ; la seconde, le serment fait par Yahwè de bénir David dans sa postérité et sa capitale. Sur la reconstitution strophique du P. Zenner, voir Revue Biblique, 1897, pp. 312-314. On n'a pas d'indices sûrs pour dater ce psaume. Mais l'attribution à l'époque macchabéenne, où les Juifs ne possédaient plus l'arche, où la dynastie de David ne régnait plus et où il n'y avait plus d'oint de Yahwè paraît des moins appuyées par la critique interne. Les idées ne conviennent-elles pas beaucoup mieux aux circonstances historiques qui viennent d'être rapportées? II Chroniques, vi, 41-42, reproduit les versets 8-10 de ce psaume, qui sont mis dans la bouche de Salomon, lors de la dédicace du temple.
1. Ces quatre vers dépeignent l'arrivée du cortège au sanctuaire de Qiryathyearim. Comme Ephrata ne désignait pas seulement Bethléem, mais aussi une région, plus septentrionale que cette ville, du sud des monts d'Ephraim, c'est dans cette seconde acception, apparemment, qu'Ephrata doit être pris ici . Le parallélisme appuie cette manière de voir, Ephrata désignant la région en général, Yaar indiquant la ville particulière. Ajoutons enfin que d'après I Chroniques, il, 19, 50, Çjiryath-yearim se rattachait à Ephrata. • — Au verset 6, le complément des verbes «signaler », « trouver » est le suffixe 3e personne féminin singulier. On ne sait au juste ce qu'il désigne. Il est difficile de le rapporter à l'arche qui ne se trouve nommée qu'au verset 8 : de plus, « arche », en hébreu, est du masculin, sauf seulement en deux passages. I Samuel, iv, 17 et 11 Chroniques, vm, 11, où elle est du féminin. Entendre ce suffixe féminin comme un neutre, « cela », n'est pas de grand secours, car on ne voit guère ce que « cela » désignerait. Peut-être le texte n'est-il pas bien conservé dans sa teneur ou dans son ordre : on le pourrait croire à constater qu'au verset 5 David cherche une demeure, et qu'au verset 7 on entre dans la demeure d'un personnage, qui est Yahwè, mais qui n'est exprimé que par le pronom suffixe. Malgré cette incertitude du texte, le sens est satisfaisant si on l'entend de la découverte de l'arche à Yaar et de l'arrivée du cortège qui pénètre dans ce sanctuaire provisoire. La suite, verset 8, se lie très bien : on invite Yahwè et son arche a partir, de Yaar vers le sanctuaire de Sion préparé par David, qui est nommé au verset 10.' (même expression pour le départ de l'arche aux étapes du désert, Nombres, x, 35).
Pars, ô Yahwè ! pour ton lieu de repos,
Toi et ton arche puissante.
Tes prêtres vont se vêtir de justice, Et tes bons vont pousser des cris de joie. Pour l'amour de David, ton serviteur, Ne force pas ton oint à détourner sa face.
Yahwè a fait un serment à David, Serment véridique, qu'il ne violera point : « C'est un fruit de tes entrailles « Que je mettrai sur ton trône.
« Si tes fils gardent mon alliance.
Les lois que je leur apprendrai, Leurs fils aussi à tout jamais Resteront assis sur ton trône ».
Yahwè, en effet, a choisi Sion
Il l'a désirée pour sa résidence.
« C'est mon lieu de repos à tout jamais;
« Là, je resterai, car c'est mon désir. « Sion sera comblée de mes bénédictions ; « Ses pauvres, je leur donnerai du pain à satiété ; « Ses prêtres, je leur ferai un vêtement triomphal ; « Ses bons, avec ardeur pousseront des cris de joie.
« Là, je ferai germer une corne pour David,
« Et je disposerai une lampe pour mon oint, i « Ses ennemis, je les vêtirai de honte, « Mais sur lui brillera son diadème ».
Lorsque David entra au palais pour bénir les siens, Mîkhal, l'ayant salué, ne put se retenir de lui dire d'un air moqueur : « Que de gloire, aujourd'hui, pour le roi d'Israël, qui s'est montré aux yeux des servantes de ses familiers comme se montre un homme vil ! ». David, froissé dans la simplicité de sa religion ardente, lui répondit d'un ton indigné: «Eh bien, oui ! je danserai devant Yahwè, par la vie de Yahwè, qui m'a préféré à ton père et à tous les siens, pour faire de moi le prince d'Israël son peuple! Oui, je m'ébattrai devant Yahwè, et je m'avilirai encore plus, et je serai bien bas à tes yeux. Mais auprès des servantes dont tu parles, je serai couvert de gloire ! » « Et Mîkhalf fille de Saul, n'eut plus d'enfant jusqu'à sa mort », elle qui pour-
i. Sur la corne, symbole da la vi^uaur combattante et victorieuse, voir Dhorme, Vemploi métaphorique des noms de parties du corps en hébreu et en en akkxdien Revue Biblique, 1920 pp. 498-505. Sur la lampe, symbole de perpétuité, voir, cidessus, p. 163, n. 2.