‹ Histoire du peuple hébreuChapitre 87 sur 137 · I Chroniques, xn · texte numérisé non relu

I Chroniques, xn

l'armée 239

avaient chacun mis à mort un de ces géants du clan des Rephaïm, originaires de Gath, que les Philistins enrôlaient, et dont l'un « avait six doigts à chaque main et six doigts à chaque pied, en tout vingt-quatre doigts », tandis qu'un autre brandissait une lance pareille à l'ensouple sur laquelle le tisserand monte la chaîne de son tissu. D'autres avaient dans la même bataille, abattu des ennemis par centaines, tenu tête tout seuls à une armée, et donné ainsi aux fuyards le temps d'avoir honte de leur effroi pour revenir au combat et accourir au pillage. Plusieurs avaient tué un adversaire lourdement armé, en n'ayant à la main qu'une arme de fortune, ou vaincu un champion philistin dans un de ces combats singuliers que les deux armées aux prises, lentes à se joindre ou cessant un moment de s'entre-tuer, regardaient avec admiration et inquiétude, parce qu'ils décidaient souvent du sort des batailles 1.

Pour stimuler l'audace et mettre en relief les prouesses les plus glorieuses, David, avant même qu'il fût roi de tout Israël, avait créé une chevalerie, dont l'on ne franchissait les divers degrés que par des exploits de plus en plus fameux. L'ordre suprême était celui des « Trois » ; l'ordre inférieur, celui des « Trente »>; le premier de chaque ordre en était le chef. Il existait aussi une « audience », sorte de conseil militaire auquel la bravoure seule donnait entrée 2. Cette organisation de l'héroïsme

Page 1