II Samuel, xxi, 15-22 ; xxm
2. La liste des Trois avec leurs exploits est fournie par II Samuel, xxm, 8-12 ; elle est suivie, 13-23, par l'indication des prouesses de quelques membres des Trente: les trois héros qui vont puiser de l'eau à Bethléem, Abishay, Benayas ; 24-39 donne une liste de noms des Trente sans indication de leurs exploits. Ces détails sont repris par I Chroniques, xi, n-47, qui présente une liste plus longue pour les Trente,
Comme on l'a indiqué ci-dessus, p. 235, n. 1, il y a plus de trente Preux nommés ; cela prouve simplement qu'au fur et à mesure des disparitions, par suite de mort, par exemple, de nouveaux Preux entraient dans le corps des Trente. — La ressemblance des mots hébreux signifiant «Trois » et «Trente » a entraîné, soit dans Samuel soit dans Chroniques, quelques erreurs de texte ; il est facile de les corriger d'après le contexte et, quelquefois, d'après les versions. — Cette chevalerie existait avant que David fût devenu roi de Jérusalem, car Azaèl, frère de Joab, qui fut tué alors que David n'était encore que roi de Juda (II Samuel, il, 17-2?.)» faisait partie des Trente (i id., xxm, 24) ; de plus, les exploits attribués par II Samuel, xxm, 9-17, à deux des Trois et à un groupe des Trente, semblent devoir se placer au moment où les Philistins, apprenant l'accession de David au trône d'Israël, essayent de s'emparer de lui.
« L'audience » est mentionnée par I Samuel, xxn, 14, à propos de Saiil, et II Samuel xxm, 23 ou I Chroniques, xi, 25 à propos de David. On traduit parfois ce mot par « garde royale ». Mais, d'une part, Isaïe, xi, 14, où il s'agit des Benè-Ammôn vaincus
témoigne de l'ardeur guerrière qui régnait alors ; on était héros par goût et par métier, et non pas à l'occasion ou par nécessité. Voici les noms des Preux de David.
Yisbaal, de Beth-Kemôn, chef des Trois. Lui brandit sa hache contre huit-cents hommes tués en une seule fois.
Après lui, Élazar, fils de Dodo, d'Ahôh, du nombre des Trois Preux. Il était avec David à Pas-Dammim, quand les Philistins s'}' réunirent pour la bataille. Les hommes d'Israël ayant remonté devant eux, lui tint ferme, et abattit tant de Philistins que sa main, fatiguée, collait à son glaive. Yahwé opéra une grande victoire en ce jour-là, et le peuple, revenu derrière lui, n'eut qu'à ramasser les dépouilles.
Après lui, Shammâ, fils d'Élâ, de Harar. Les Philistins se réunirent à Léhi. Or, il y avait là une pièce de champ pleine de lentilles. Le peuple ayant pris la fuite devant les Philistins, il se campa droit au milieu du champ, le défendit et abattit les Philistins. Et Yahwè opéra une grande victoire.
Abishay, frère de Joab, fils de Çerouyâ, était le chef des Trente. Lui brandit sa lance contre trois cents tués. Il eut un nom parmi les Trente ; plus que les Trente, il fut illustre, et il devint leur chef ; mais jusqu'aux Trois il n'arriva pas.
Benayas, fils de Joyada, homme de valeur, riche en hauts faits, de Qabseël. Lui abattit les deux fils d'Ariel de Moab. Lui encore descendit et abattit le lion au milieu de la citerne, par un jour de neige. Lui aussi abattit un Égyptien, homme de belle prestance ; dans la main de l'Égyptien était une lance ; il descendit vers lui avec un bâton, ravit la lance de la main de l'Egyptien, et le tua avec sa propre lance. Voilà ce qu'a fait Benayas, fils de Joyada. Il eut un nom parmi les Trente ; plus que les Trente il fut illustre ; mais jusqu'aux Trois, il n'arriva pas. David le mit dans son audience x.
Pour ce rude métier de mort, la bravoure naturelle ne suffisait pas. Des jeunes gens de choix en faisaient l'apprentissage aux côtés d'un guerrier de renom : c'étaient « les porteurs d'armes » ; tel l'écuyer du moyen âge, qui portait l'écu de son chevalier, et, par leçons, exemples, et pratique, exerçait son corps aux travaux, son âme aux devoirs de la noble carrière. Ces jeunes Hébreux, chargés des armes de leur maître, soigneusement entretenues par eux, l'accompagnaient à la bataille, tenaient devant lui, si, comme Goliath, il en avait un, le lourd bouclier
et réduits « à l'obéissance », n'est guère favorable à cette signification ; d'autre part, les gardes du corps sont plutôt les râçim ou « coureurs », terme employé même à propos de Saul, qui n'avait point de char (I Samuel, xxn, 17), et qu'on retrouve, en des contextes où il s'agit de gardes, dans plusieurs passages du Livre des Rois, v. g. I Rois, xiv, 27, 28. Le sens d'* audience », ou de conseil royal pour les questions militaires, paraît préférable.
1. II Samuel, xxni, 8-12 ; 18-23. Pour les corrections à effectuer, notamment en ce qui concerne les noms propres et les titres de « Trente », voir les commentaires.