II Samuel, xvm
dans sa rare piété. S'il se battait avec audace, c'est qu'il se fiait sans cesse au secours de Yahwè. Yahwè était pour lui « le bouclier » qui l'abritait, « le rocher » abrupt d'où il défiait l'ennemi, « le refuge » où il échappait aux recherches, «le lieu haut inaccessible » qui le mettait à l'abri des surprises, « la force » contre laquelle toute attaque venait se briser ; et lui qui avait vaincu les Araméens, sans posséder comme eux une charrerie redoutable, criait bien haut le secret de son incompréhensible victoire :
Ceux-ci ont leurs chars, ceux-là leurs chevaux ; Mais nous, nous avons le Nom de Yahwè ! l.
Aussi David se conformait-il avec les sentiments d'une foi sincère à toutes les pratiques religieuses que les mœurs antiques, sanctionnées par la loi yahwéiste, prescrivaient de suivre dans « les guerres de Yahwè » ; car toute guerre, comme on le verra plus loin, était une œuvre de religion 2.
David, pour l'ordinaire, laissait le commandement de l'armée royale à Joab, qui avait le titre de « chef de l'armée » 3. En sa
i. Psaumes, xvni (Vulgate, xvn), 2,3 ; xx (Vulgate, xix), 8; xxviii (Vulgate, xx vu), 7, 8 ; et voir, à la fin du chapitre précédent, la traduction du long passage de xviii, se référant au roi-guerrier.