‹ Histoire du peuple hébreuChapitre 99 sur 137 · II Samuel, v · texte numérisé non relu

II Samuel, v

3. II Samuel, xn, 8. Sur la signification politique de la prise de possession des, femmes d'un roi par son successeur, voir Salomon, p. 7, n. 2.

4. Nous possédons trois listes des fils de David nés à Jérusalem : celle de II Samuel, v, 14-15, ne renferme que 11 noms ; il y en a 13 dans les deux listes de I Chronicités, m, 5-8 et xiv, 4-8 ; le texte B de Samuel, en donne 24, en réunissant les deux listes. Dans la première de ces deux dernières listes, après avoir nommé les quatre fils de Bethsabée, l'auteur énumère les autres fils et conclut par le chiffre 9, ce qui donne, soit par les noms, soit par l'addition de ces chiffres 4 et 9, le total de 13. Cette numération garantit la teneur de cette liste ; on ne voit pas pourquoi il conviendrait d'en supprimer deux noms pour la ramener à celle de Samuel. Ici encore nous avons peut-être des listes établies à des dates différentes du règne. Parmi les noms de ces fils de David, il est intéressant de signaler celui du 12e dans la liste de I Chroniques, xiv, 4-8, où il est Baalyada ; les deux autres listes ont Elyacla. Le nom primitif, composé avec le nomBaal, qui pouvait avoir une signification païenne, a été changé en Elyada, où £l, « Dieu », était plus orthodoxe. Le fait que c'est Chroniques qui a conservé la forme repréhensible montre assez comment cet écrit savait parfois respecter la teneur de ses sources. La ponctuation Beélyada, qui a ici la valeur d'un qerê, est le fait des Massorètes, car les textes grecs portent bien Baalyada. — Sur la forme et le sens de ces divers noms, voir les commentaires, et notamxoent Dhokme. Les livres àe Samuel, p. 312.

avait pour mère Maakhâ, fille de Talmay, roi araméen du pays de Geshour. A ces épouses de premier rang s'ajoutaient des femmes de second rang ; elles devaient être assez nombreuses, car David, fuyant de Jérusalem devant son fils révolté, en laissa une dizaine pour garder le palais * ; les enfants qu'elles purent donner à leur maître ne sont point comptés dans les chiffres indiqués plus haut 2.

Ces épouses nombreuses, luxe d'un grand roi, et ces nombreux fils, témoignage de la faveur du Ciel, rehaussaient le prestige de David aux yeux de ses sujets comme dans l'estime des princes étrangers, et fournissaient le gage humain de la perpétuité de sa famille, cette grande bénédiction du juste. Aussi les anciens auteurs sacrés ne pouvaient-ils négliger ces détails personnels tout à l'honneur du chef d'une dynastie comblée de gloire et qui régnerait toujours. Ils n'ont même pas voulu omettre un détail qu'ils ne jugeaient pas sans prix, parce qu'il relevait encore le lustre des autres. Moins insensibles ou moins désabusés que celui de leurs continuateurs qui écrira l'austère et mélancolique F alla x gratia, et vana est pulchritudo 3, ils se sont plu à redire combien souvent s'ajoutait ici le charme d'une remarquable beauté.

Que de fois les mots « beau » et « joli » sont revenus sous leur calame ! Samuel, qui avait fait admirer du peuple, assemblé à Miçpâ, la rare beauté et la haute stature de Saiïl 4, avait cru un instant trouver le successeur de ce roi déchu en contemplant tour à tour les fils aînés de Jessé, dont le bel aspect captivait son regard. Pourtant Yahwè lui fit sentir qu'il se trompait. Mais quand il vit paraître David, leur plus jeune frère, « blond adolescent au teint clair, avec de jolis yeux et une belle prestance », il reçut ce choc soudain que donne une beauté éclatante, et son admiration émue fut le premier hommage qu'il offrit à celui que Dieu lui désignait comme son futur élu5. Le serviteur

Page 1