‹ Histoire du peuple suisseChapitre 16 sur 125 · Epoque de la doaiiiiation directe des empereurt · texte numérisé non relu

Epoque de la doaiiiiation directe des empereurt

d'A]]eiiia«ae(l).

§ 11. RÉUNION DES TROIS PEUPLES. — A partir de l'époque où Henri T«' réunit les États allemands en un seul empire, toute la Suisse actuelle, la Bourgogne, TAUemannie et la Rhétie furent en relations étroites avec TAUemagne; en môme temps ces pays s'unirent davantage entre eux. Burkhard I« d'AUemannie, comte de Zurich et de Rhétie, s'humilia volontairement devant l'heureux Henri 1« (920) et lui rendit hommage pour ses États . Henri se contenta du droit de suzeraineté et laissa à Burichard le titre de duc. Plus tard, l'empereur Othon II nomma son fils Lindolf duc d'AUemannie et comte de Rhétie, Le successeur de Lindolf, Burkhard II, était parent d'Othon ; un tableau de la cathédrale de Zurich le représente domptant une révolte contre Othon en Italie, et glorifie en même temps la mémoire du grand empereur qui visita souvent Zurich (2). Les autres ducs entretinrent aussi de bonnes relations avec la maison impériale; les empereurs séjournèrent souvent dans la Suisse allemande, surtout à Zurich: Henri II tînt une diète à Zurich en 1004 et 1018, et la tradition attribue la fondation de la cathédrale de Bâle à la libéralité de Henri H et de sa femme Cunégonde (3). La Bourgogne aussi

(1) G. de Wyss, Histoire del'abbaye de Zurich.^ Staelin, Bùimre du Wurtemberg^ t. I et II.

^) Communications de ta Société des tmiiquaires de Zurich, rv,

(3) Wackernagel, Communications de la Société des antiquité natiomaim de Bâle, imwioii 7.,.ia57.

28 DOMINATION GARLOV. BT ALLEMANDE (700-1057)

s'ouvrit à Tinfluence allemande: Rodolphe II s'avança en conquérant jusqu'au lac de Zurich où Burkhard I«' le hattit en 919 à Winterthur. Ils firent la paix et la fille de Burkhard, Berthe, s'unit au roi Rodolphe. Ce mariage fut le premier lien entre l'Est et l'Ouest de la Suisse ; avec Berthe le pays Allemand de l'Argovie supérieure fut réuni à la Bourgogne. Cette alliance fut d'autant plus efficace que la Bourgogne passa bientôt aussi sous la domination de l'Allemagne ; car le jeune et faible fils de Rodolphe II, Conrad, fut placé par les grands de Bourgogne sous la protection et la tutelle d'Othon P*" (940), qui épousa dix ans plus tard la sœur de Conrad, la belle et célèbre Adélaïde, fille de Berthe. Ces deux femmes ont laissé en Bourgogne un souvenir ineffaçable ; la première s'efforça d'apaiser les dissensions intérieures. La tradition bourguignonne la représente comme la gracieuse messagère de la paix et la fondatrice de l'église de Payerne ; ses vertus simples et modestes, son activité et sa piété sincère firent d'elle le génie tutélaire du peuple ; on lui attribua plus tard toutes les pieuses fondations dont l'origine était inconnue ; aujourd'hui encore la voix populaire consacre « comme des jours bénis ceux où filait la reine Berthe » (1). Les rois, ses successeurs, ne faisaient rien sans l'avis et la volonté des empereurs d'Allemagne, et la Bourgogne passa entièrement sous leur dépendance. Ainsi fut réalisé par la force naturelle des choses et d'une manière durable ce que lesCarlovingiens avaient tenté de faire par des innovations violentes, c'est-à-dire la fusion graduelle des peuples allemand et roman.

§ 12. Incorporation a l'empire allemand. — Il restait à confondre entièrement l'AUemannie et la Bourgo-

(1) G. de Wyss, Origines de f histoire primitive de la Stàsse,

INCORPORATION A L'EHPIRB ALLEMAND 29

gne avec Tempire allemand. Rodolphe III de Bourgogne 993-1032) était un prince faible et dévot qui, pour résister aux prétentions des seigneurs, s'appuya sur TËglise à laquelle il accorda si libéralement des biens et des privilèges qu'il fut réduit à vivre des aumônes de ses évoques. De plus en plus pressé par les grands qui voulaient le renverser, il songea à déposer le fardeau du gouvernement et à se placer sous la domination du fils de sa sœur, Tempereur d'Allemagne, Henri II, qui convoitait la Bourgogne et à qui il promit de n'accomplir aucun acte important sans son agrément. Mais ce monarque ne put faire valoir son autorité que par la force des armes. Ce qu'il ne sut réaliser fut effectué par son successeur Ck)nrad II qui, après les victoires de Morat et de Neufchâtel, se fit élire et couronner roi à la mort de Rodolphe, en 1033, dans la cathédrale de Genève, et fut reconnu par tout le pays. A Soleure, il céda en 1038 la Bourgogne à son fils Henri, à la grande joie des habitants, et, dans la même année, il lui donna aussi l'Allemannie et la Rhétie, de sorte que la Suisse actuelle se trouva sous la domination allemande, Henri III paya partout de sa personne ; il visita Bàle et Zurich et séjourna six fois dans cette ville. A cette occasion, il fit des dons à plusieurs couvents suisses et régla d'importantes affaires. Il gouverna d'une main ferme la Bourgogne où les convoitises des grands avaient fait prévaloir le système féodal dans toute sa brutalité; il tint des diètes à Soleure et, s'il faut en croire un historien bourguignon du temps (Wipon), il mérite d'être glorifié comme le restaurateur de la paix, « la règle de la justice ».

§ 13. Progrés intellectuels. — Ce qui attira surtout l'attention des empereurs d'Allemagne sur la Suisse, ce

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