FONDEMENTS
l.Les premières ligrues (1218-1291) (1}.
§ 16. Efforts pour acquérir l'indépendance. — La mort de Berthold V et rextinction des ZsBhringen préserva la Suisse du sort de beaucoup d'autres domaines de Tcmpire qui devinrent des domaines princiers permanents. Les possessions des Zsehringen dans la Suisse occidentale (Herzogenbuchsée, Miinsingen, Thune, Diesbach, Oltingen, Burgdorf,Fribourg) échurent à la maison de Kibourg ; mais le rectorat de Bourgogne retourna à l'empereur et s'éteignit. Les seigneurs qui ^dépendaient du rectorat et les villes qui étaient Tapanage des Zœhrin* gen retournèrent également à Tempire et acquirent ainsi une sorte d'indépendance (la liberté de l'empire). Il en fut ainsi des comtes de Buchegg, Neufchàtel, etc.,
(I) Kopp, Histoire de la Confédéfation, 4 vol. Documents à C appui de cette histoire^ 2 vol. — E, V. Wattenwyi-Diesbach, Hiitoire de la ville et du canton de Berne ^ î vol. — G. de Wyss, Histoire des troia cantons primitifs {V ri, SchTvitx et Untei*walden),
et des villes de Zurich, Berne, Soleure, Laupen, Gûmminenet Morat, ainsi que du pays d'Uri qui dépendait de l'abbaye de femmes et sur lequel les Zaehringen avaient droit de juridiction. Les progrès de la liberté étaient puissamment encouragés ; les entraves semblaient tomber et les communes ainsi atfranchies remplaçaient lo pouvoir des seigneurs féodaux. L'autorité absolue que ceux-ci avaient longtemps exercée armait le peuple contre eux, et leur résistance pour la maintenir dans leurs familles tournait au profit de la force toujours croissante des municipalités*.
La maison de Kibourg acquit, outre les possessions des Zaehringen, dans la Suisse occidentale, une situation prépondérante dans la Suisse orientale (comtés de Thurgovie et de Baden) ; et comme ses prédécesseurs, elle nourrit la pensée de faire de la Suisse une seule principauté. Au sud-ouest (Valais et Genève), elle était menacée'par la maison de Savoie qui, avec les Zœhringen, avait vu disparaître son plus redoutable ennemi et pouvait s'étendre librement au nord de la Suisse occidentale. Au centre et à Test, s'était établie la maison de Habsbourg qui possédait la rive gauche de la Reuss, en Argovie, les comtés de Zurich et d'Argovie et des territoires étendus mais dispersés dans Zug, Schwitz, Unterwalden et Lucerne. De tous côtés, les libres communes étaient resserées et menacées. La première explosion eut lieu lors de la lutte entre la papauté et l'empire, sous Frédéric II. Gomme les villes allemandes et lombardes, au temps de Grégoire VII et d'Henri IV, les villes et les libres communes de la Suisse se mirent résolument sous la protection de l'empereur, dans l'espoir de conserver leur liberté, que leur disputait une aristocratie avide. Les comtes et les barons, comme autrefois les ATelfes et les