La Suisse considérée comme puissance indépendante de
l'Europe.
§ 31. Destruction du royaume de Bourgogne (1). — Les confédérés jouissaient de la considération de l'Europe, depuis la bataille de Saint-Jacob sur la Birse, où ils s'étaient glorieusement mesurés avec une puissance européenne supérieure. On les regardait comme invincibles, et Ton estimait heureux celui qui obtenait leur appui. Des hommes d'une valeur éprouvée et des jeunes gens entreprenants se rendaient par troupes auprès de princes étrangers pour leur prêter secours. La monarchie française recherchait surtout l'aide des Suisses dans ses diverses guerres ; et ce fut à l'avantage des confédérés qui, depuis la bataille de Saint-Jacob, avaient eu à redouter une alliance entre la France et l'Autriche, et qui pouvaient désormais espérer le concours de la France contre FAutriche. Aussi, en 1452, ils consentirent volontiers à un traité d'alliance avec Charles YII; et en 1463 ils le renouvelèrent avec son fils Louis XI, auquel ils devaient leur réconciliation avec l'Autriche par la ligue perpétuelle de 1474. Mais celui-ci ne songeait pas aux intérêts de la Suisse. Il ne se servait de l'alliance entre l'Autriche et la Suisse, alliance redoutable à la puissance de Charles le Téméraire, que pour entraîner la Suisse dans une guerre contre son implacable ennemi. Les confédérés s'y prêtèrent d'autant plus volontiers qu'ils avaient intérêt à faire la guerre ; car, deux ans avant la
(1) Sources : Chroniques d*Ëtterlin, de Schillings Anshelm, Knebel, etc.
Etudes : E. de Rodt, Guen^es des Suisses contre Charles le Téméraire, — Gingins, Épisodes des guerres de Bourgogne^ Lausanne, 1850. — Essai sur les vraies causes de la guerre de Bourgogne (Archives de Fhistoire de la Suisse, t. V).