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TRANSFORMATION INTÉRIEURS

de telles pensions de divers princes à la fols (Waldmann 400 fl. de rAutriche, 4,000 fl. de la même pour le partage et 100 fl. de René de Lorraine). Ainsi les chefs du gouvernement se laissèrent souvent influencer honteusement par rargent dans leurs résolutions et leurs actes ; bien souvent, dans les salles du conseil, Taisent, et non le bon droit, décidait la solution ; aussi un ambassadeur anglais de cette époque ût la remarc[ue peu flatteuse que Ton accueillait mal, à la diète suisse, quiconque y paraissait sans argent (1). Et un contemporain déclare qu'il y avait souvent dans une délibération autant d'avis que de membres à la solde de l'étranger (2). Voici le sens d'une chanson de l'époque :

« Nos seigneurs reçoivent les ducats et nous donnent « de bonnes paroles ; les uns sont payés par l'empereur, « les autres reçoivent l'or de la France ; et d'autres encore a celui d'un autre maître.

« La discorde règne dans notre pays, à tel point que « ses enfants ne le reconnaissent plus ; et tout cela proa vient du vil aigent envoyé par l'étranger pour récom- « penser un faux courage. »

Parfois les conseils furent forcés de réprimer les abus causés par les soldes et les dons de l'étranger (1489, 1503, 1522).

L'influence étrangère et la prospérité croissante augmentèrent d'une manière funeste le luxe et la licence. On dédaignait la simplicité d'autrefois, on adoptait les vêtements de soie, de velours, les fourrures précieuses, les broderiesd'oret d'argent, etronseparaitdeb\joux(3).

(1) Qisi, Participation des confédérés à la politique européenne^ p. 229.

(2) Anshelm, Chronique bernoise (de Stierlin etde Wyss, p. 132).

(3) Jean Mûller, Histoire de la Suisse, continuée par Glutz-

Les modes espagnoles et françaises étaient recherchées (1). Les mercenaires de retour dans leur pays y tenaient toutes sortes de mauvais propos. Bientôt le gouvernement fut obligé de rendre des ordonnances contre les habits indécents, Tivrognerie, les paroles licencieuses. Beaucoup de soldats, rentrés dans leurs foyers, ne voulurent plus travailler et devinrent des fainéants et des vagabonds qui, après avoir dissipé leur soldé, vivaient de brigandage. En 1480, environ 1,300 voleurs et routiers, pour la plupart d'anciens soldats, furent exécutés en quelques mois.

§ 35. DéVELOPPBMENT DE LA CONFÉDÉRATION DES TREIZE

GANTONS. — Contrat entre les villes et les campagnes. Conven-tion deStanz (2). — Le xv* siècle, qui fut une époque de gloire à Textérieur et de progrès intellectuels à l'intérieur, amena aussi d'importants changements politiques. La confédération, plus ou moins relâchée, devint graduellement un État bien organisé et fermé. Quant aux rapports mutuels des cantons, les Waldstaetten seuls avaient formé au xiii® siècle, le lien de la confédération. Au XV* siècle, d'autres cantons se liguèrent, tels que Berne et Luceme (1421), Zurich et Berne (1423). Les cinq nouveaux cantons de Fribourg , de Soleure, Bâle, Schafihouse, Appenzell, ne se liguèrent pas seulement

Biotzheim, t. Il, p. 504. — Une spirituelle chanson : « L'ancien et le nouveau confédéré » (Rochholz , Chronique des chants, p. 419), présente avec vivacité le contraste entre le luxe moderne et Tantique simplicité.

(1) Le costume espagnol, très-usité alors en Europe, consistait dans un habit dont les manches étaient fendues ainsi que le pantalon, et laissaient voir un second vêtement d'une autre couleur.

(2) Pfaff, Droit politique de Vancienne Confédération, Schaffhonse, 1870, — Bluntschli, Histoire du droit des confédérés suisses , — Segesser, Annexes à l'histoire de la convention de Stanz,

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