‹ Histoire du peuple suisseChapitre 42 sur 125 · CONVENTION DE STANZ · texte numérisé non relu

CONVENTION DE STANZ

gageait à ne pas soulever les sujets d'un autre (comme on avait soulevé ceux d'Entlebuch) et à ne pas porter préjudice à leurs domaines. On interdit les associations dangereuses (telles que celle d'Art qui dégénéra en folle vie, et Ton promit de se prêter secours contre leurs attaques. Pour mieux graver ces engagements dans la mémoire, on décida que, tous les cinq ans, la lettre de Sempach et la convention de Stanz seraient renouvelées et qu'on prêterait de nouveau serment de fidélité.

Contraste entre les anciennes et les nouvelles idées poli" tiques, Pierre Kistler, Hans Waldmann. — La convention de Stanz était un progrès important pour la confédération et, en quelque sorte, une consolidation de son pouvoir. Elle mit des bornes légales à toutes les expéditions aventureuses , à l'arbitraire , aux corps francs, à la licence, à tous les abus du moyen âge. Il est vrai (pie plus tard ces règlements, établis pour le maintien de la paix, devenaient entre les mains des gou' vernements un moyen de supprimer de simples assemblées populaires et d'obtenir le secours des confédérés contre les justes réclamations du peuple. On s'appuya pour cela sur l'interdiction des assemblées a dangereuses » ; mais, dans cette expression, on n'avait primitivement visé que les assemblées tumultueuses, telles que rassemblée d'Art, et non les assemblées régulières (1). Mais cette extension du pouvoir central était conforme à celle qui lui était attribuée aussi en Espagne, en Allemagne et en Angleterre (2). Cependant la convention de Stanz ne portait pas remède aux troubles intérieurs de

(1) Les recez de la diète désignent en effet ces réunions comme des assemblées clandestines des communes. Recez, t. I, p. 651,

(2) Voyez V Histoire générale^ p. 224.

122 LA SUISSB ÉTAT MILITAIRB (1400-1516)

la confédération qui avait pris un tout autre caractère par l'annexion de nouveaux pays sujets des divers cantons, et par l'augmentation du nombre des villes. Il n'y avait plus alors, comme à Tépoque des batailles de Morgarten et de Sempach, une égalité presque parfaite des droits du peuple; déjà s'était accomplie la séparation entre les maîtres et les sujets. Dans les villes et, en particulier, à Berne et à Zurich, avait prévalu l'idée d'un pouvoir central unique, tel qu'il s'était établi dans les

grandes monarchies ; un sentiment dynastique se manifestait dans les gouvernements des cités qui cherchaient à dominer les campagnes par une puissance sans contrôle. Et, pour l'exécution de ce dessein, on travaillait, en se servant des artisans, à agrandir le pouvoir des bourgmestres et des chefs de corporation. Des faits analogues se présentaient dans les villes allemandes, mais avec moins de résultats, parce qu'elles avaient en même temps à se défendre contre les seigneurs. A Berne, c'était Pierre Kistler qui poursuivait ce nouveau but. Devenu magistrat, après avoir été boucher, il enleva aux uges des campagnes (1470) leur juridiction particulière et fonda ainsi l'unité politique. Dans les affaires des villes, il se mettait énergiquement du côté de la démocratie et des artisans, tandis qu'il ne tenait aucun compte des campagnes quand il s'agissait de les soumettre à la tyrannie des citadins. Ses desseins furent réalisés après lui : les communes des villes et surtout celles des campagnes perdirent tout pouvoir. Les mêmes tendances se firent encore sentir plus puissamment à Zurich sous Hans Waldmann. Celui-ci était venu de Zug s'établir à Zurich ; la fortune qu'il acquit comme tanneur, ses talents extraordinaires et son infatigable énergie, relevèrent rapidement malgré l'inimitié des aristocrates»

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