ORDONNANCES GOUVERNEMENTALES
cales et n'engageaient que les cantons qui se rangeaient à leur avis. Ce n'est qu'en 1515 qu'on décida que dans les choses qui touchaient à Thonneur et au hien de la confédération, la minorité aurait à se soumettre à la majorité ; maisil en fut de cet arrêté comme de tant d'autres qui n'existaient que sur le papier. Ce manque d'unité dans la direction était sans nul doute le mal fondamental de la confédération, le côté faible de l'alliance; mais on ne le reconnaissait pas alors. Dès l'origine, les confédérés étaient poussés à leur développement par les événements plutôt que par la volonté réfléchie née de l'étude des principes généraux ; plus tard aussi ils laissaient à la machine son libre cours, alors même qu'elle travaillait avec nonchalance et ne produisait presque rien. Cette indifférence pour d'énergiques et réels progrès politiques a duré encore pendant des siècles. Il est vrai qu'à cet égard d'autres pays n'étaient pas mieux partagés; et même la diète de l'empire allemand n'obtint jamais ce que la diète suisse avait réalisé; dans le système des monnaies, par exemple, elle ne put rien effectuer malgré de perpétuelles négociations, tandis que la diète suisse a plusieurs fois obtenu une unité passagère des monnaies par les traités de 1387, 1425, 1487. Malgré beaucoup de divisions intérieures, on éprouvait encore le besoin cte poursuivre un but général et de préparer l'établissement de l'unité. La plupart des concordats confédérés sont de ce temps-là. En organisant un corps politique et en se fortifiant à l'extérieur, la confédération se mettait aussi en état de supporter les tempêtes de l'avenir.
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