PROPAGATION GÉNÉRALE DE LA RÉFORME
mettre en prison le pasleur de Stein et les sous-i>aiUi8 Wirth et Bûttimann de Stammbeim et Kussbaumen, après que le peuple eut aboli les images et incendié le couvent dlttingen en 1524. En vain, Zurich plaida lem^ cause, elle dut se soumettre à la majorité des cantons directeurs, et les prisonniers qui n'avaient commis d'autres crimes que de confesser leur foi, furent condamnés à Baden et exécutés sans pitié. Ainsi tombèrent les premières victimes de la haine religieuse ; il s'en fallait de peu que leur sacrifice n'allumât la guerre civile dans tout le pays.
Cependant, malgré cette violente résistance, la réforme s'était déjà frayé un chemin dans la plus grande partie de la confédération. Des délégués de SchafiThouse et de Saint-Gall avaient déjà pris part à la deuxième conférence. Des amis de Zwingli agissaient à Saint-Gall (le savant médecin de la ville, Vadian et Jean Kessler) et à SchafiThouse où le mouvement religieux se compliquait d'un mouvement politique (le triomphe des corps de métiers sur la noblesse). A Claris, la réforme fut propagée par plusieurs curés libéraux (surtout Valentin Tschudi). Bâle s'affranchit bientôt de la domination de l'évoque ; de célèbres savants de l'Université et particulièrement l'ami de Zwingli Œcolampade (Hausschein) y propageaient activement la nouvelle doctrine ; il en fut de môme à Berne où travaillait Berthold Haller, autre ami de Zwingli ; et dans le petit pays d'Appenzell où de jeunes prédicateurs se dévouèrent à cet apostolat, le peuple plus éclairé des campagnes, de la plaine (Rhodes extérieurs actuels) fit rendre en 1524 un décret favorable à la liberté religieuse. Des disciples de Zwingli et des ecclésiastiques zurichois implantèrent les germes de la réforme même dans le canton reculé des Grisons où elle
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§ 38. Propagation générale d^ û.
1528. — Les Waldstaetten montr^/ ^ ^^^
d'hostilité à l'œuvre de la réf/5 f
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tout temps fermement attar/ /^ ^
traditions de leurs ancêtre'/ 1 s y ê „, ^
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des alliance '' ^^ts, les six cantons catho-
rassentiip ^ o faire triompher leur religion par
était fo* *is organisèrent une conférence à Baden
aspir? ^eur plan paraissait devoir réussir d'une
Zw' éclatante, car Zurich se tint à l'écart, n'ayant tr jDtenir des conditions garantissant une direction y/npartiale ; aussi Zwingli craignait pour sa vie, puisque aéjà en 1523 une diète avait résolu, sous l'influence de Luceme, de l'arrêter aussitôt qu'il se montrerait. Du côté des catholiques se présentèrent le docteur Eck, le plus habile controversiste de l'Allemagne, et d'autres savants distingués, tels que le vicaire général Faber, le moine franciscain Marner, qui défendirent l'ancienne Église avec tant d'assurance et de talent que les catholiques s'attribuèrent la victoire. Cependant des orateurs réformés, pour la plupart amis de Zwingli, surtout Œcolampade, avaient produit une impression si profonde, qu'un papiste dit en parlant d'Œcolampade : « Ohl si cet homme, grand et jeune, était de notre parti et de notre foi ! » Ainsi les réformés disputèrent le terrain à leurs adversaires et se plaignirent de la falsification des protocoles rédigés par l'autre parti. Les cantons neutres
GUERRES DE GAPPEL 145
'^îxcepUon de Soleure), s'opposèrent plus
catholiques et aidèrent Zurich. Berne
'ors ouvertement pour la réforme; le
nseil fut tout à fait favorahle aux
le gouvernement organisa une
^ hésitants (janvier 1528], Il n'y
-^^ ^ des orateurs insignifiants;
» ^é et la force de ses pen-
e il prêcha à la cathé- .t a la messe, fut tellement .v> de ses paroles qull arracha son . tit s'écria : « SU en est ainsi de la messe, -^ la célébrer ni aujourd'hui ni jamais. » Berne v^epta alors pleinement la réforme, et s'unit à Zurich pour rétablir, comme elle s'était unie avec cette ville pour les affaires de la confédération (par exemple dans la demande d'abolition du système des pensions). L'adhésion de cette ville, considérable par sa puissance et ses vastes domaines, assura le succès et la durée de la nouvelle doctrine en Suisse ; car non- seulement les catholiques rencontrèrent en elle un formidable adversaire, mais son ascendant entraîna Bâle, Schafihouse et Saint- Gall.
§39. Guerres de Gappel et leurs coNSéQUENCES, 1528-1531. — A mesure que la doctrine évangélique se propageait, augmentait aussi le contraste entre les cantons catholiques et les réformés. Le rapide développement de la réforme dans les territoires communs causait de perpétuelles contestations. Outre la Thurgovie, elle avait acquis la vallée du Rhin, voisine des huit anciens cantons, puisSargans, Gaster et les territoires communs de Baden, Bremgarten, Mellingen. Jusque-là on avait appliqué le principe de la majorité des États. Mais Zurich
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et Berne ne reconnurent pas ce principe et demandèrent que<5haque commune jouît de la liberté religieuse sans condition. Les territoires communs, en adoptant la réforme, se mirent sous la protection de Zurich, etles États catholiques perdirent leur influence dans ces pays. Cependant Zurich avait aussi accru sa puissance par d'autres dispositions. Déjà, en 1527, elle avait formé avec la ville de Constance une alliance évangélique, c'est-àdire une ligue réformée à laquelle se joignirent Berne, Saint-^all, Mulhouse et Bienne. Zwingli qui par son influence prépondérante dirigeait aussi à Zurich les affaires politiques, était àla fois bourgmestre, secrétaireet conseiller. Sentant sa force, il gouverna plus radicalement et avec moins de ménagements, Pour imposer leur supériorité à leurs adversaires, les Zurichois punissaient sévèrement toute offense faite à leur foi ; ils s'efforçaient d'assurer par la force la suprématie à leurs convictions sur les territoires dissidents. Le sergent de Thurgovie, Max Wehrli, fut exécuté pour outrages envers Zurich, et Ton se vengea ainsi de la justice criminelle d'Itting. Mais Zurich exaspéra surtout ses ennemis en prêtant secours aux sujets de l'abbé de Saint-Gall qui se servirent de la réforme pour s'affranchir de la domination dé leur seigneur ecclésiastique, et s'attachèrent à Zurich comme à l'une des villes protectrices de l'abbaye. Zurich engagea les Toggenbourgeois à refuser leur hommage à l'abbé de St-Gall, pendant que les évangéliques purifiaient les églises de Toggenbourg (1528), attaquaient le couvent de St-Jeaneten chassaient l'abbé ; elle fit de môme dans l'ancien pays où la ville de Saint-Gall, Rorschach et de nombreuses communes abolirent sommairement le culte catholique et refusèrent obéiiBsance à Tabbé. Les autres cantons protecteurs de l'abbaye, particulièrement Schwitz, prirent des