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(( sent le feu de la discorde; Tautre taille des allumettes « d'un bois particulier pour brûler les documents des « protestants sur le revenu du clergé ; le troisième four- (( nit aux catholiques, surtout à ceux des campagnes, c( des sacs de charbon dont le dessus est doré pour les « éblouir et les tromper ; mais le quatrième est peu con* « sidéré, et par là peu nuisible, parce qu'il n'apporte « que de la fausse monnaie de cour. )> L'aubergiste termine en disant : « Que tous ces ambassadeurs qui n'étaient « que des espions et des menteurs, devraient rester chez « eux; alors les Suisses, comme leurs ancêtres, se con- « tenteraient de ce que Dieu donne à leur pays. » A ce discours, les voyageurs reconnurent en lui un vrai cœur de Suisse.
Guerre de Toggenbourg ou deuxième guerre de Vilmergen. — L'esprit de parti eft la politique égoïste des gouvernants produisaient de funestes résultats. Outre les désordres des guerres extérieures, il y avait entre les divers cantons des contestations perpétuelles , à regard de leurs droits ecclésiastiques et politiques, et surtout dans les possessions communes où leurs prétentions de souveraineté se heurtaient sans cesse. De légers incidents jetaient souvent l'alarme entre les réformés et les catholiques, sans cesse menacés de voir éclater la guerre civile; en 1664, le service réformé fut troublé près de Wigoldingen (Thui^ovie); et en 1694, on voulut introduire à Wartau (en Sargans) le culte catholique à côté du culte protestant. Dans des réunions secrètes, les cantons catholiques agitaient la question de la guerre contre les réformés ; les mouvements insurrectionnels du Toggenbourg la firent éclater. Les libertés religieuses et politiques de ce pays étaient constamment attaquées par les abbés de Saint-Gall et leurs tyranniques agents.
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Soutenus par les eantons de Schwiiz et deLucerne, les abbés étendaient de plus en plus leurs empiétements et cherchaient à assurer la domination de la religion catholique, en excluant Tinfluence de Zurich. Au nom des États catholiques, Tahbé Léodégar Bûrgisser voulut con* traindre les Toggenboui^eois à construire une grande route* destinée à traverser le Hummelwald, pour faciliter les commimications entre les cinq cantons et celui de Saint-Gall, et séparer les Zurichois, les Glaronais et les autres confédérés. Les Toggenbourgeois résistèrent à cette exigence, et Zurich les excita à la révolte. Pour en avoir raison, Tabbé conclut une alliance avec Tempereur qui Tavait élevé à la dignité de prince, de TEmpire. Il demeura ^insi fidèle à sa politique équivoque qui lui faisait préférer tantôt les Souabes, tantôt les Suisses. Il s'attira par là Tinimitié des cantons de Schwitz et de Griaris et nuisit à ses propres desseins. Mais il sut se tirer d^embarras; il retourna vers Zurich et Berne et fit alliance avec ces deux villes aussi facilement qu'avec Tempereur; il effraya ainsi les cantons catholiques qui se laissèrent fléchir (1708). Schwitz promit assistance à l'abbé et exigea que les Toggenbourgeois, se séparassent de Zurich et Berne qui avaient travaillé pour la liberté religieuse. Mais les Toggenbourgeois, croyant leurs franchises menacées, prirent les armes et appelèrent à leur secours Zurich et Berne. Ceux-ci se levèrent aussitôt pour attaquer les cantons catholiques dans les possessions communes, occupèrent la Thurgovie, TArgovie et la vallée du Rhin, prirent Wil , Mellingen, Bremgarten et Baden (mai et juin 1712) et remportèrent une victoire décisive à Yilmergen, le 25 juillet (deuxième guerre de Vilmei^en, de Toggenbourg ou des Douze). Par la paix d'Aarau (11 août), les cinq cantons furent privés du gou-
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vernement dU comté de Baden, les réformés et Berne, admis à celui de la Thurgovie et de la vallée du Rhin. Zurich reçut avec Berne et Glaris la souveraineté sur Rapperswil et Hurden et, avec cela, de solides points d'appui contre les cantons catholiques de Schwitz. L^issue de cette guerre mit fin à la prépondérance des cantons catholiques qu'avait fondée la première guerre de Vilmei^en. Le pouvoir passa aux réformés, qui semblèrent bien près de réaliser le plan de Zwingli en établissant la prédominance de Zurich et de Berne. Mais les cantons catholiques conservaient un profond ressentiment et, à partir de ce moment, Taversion réciproque augmenta et provoqua une séparation définitive d'où sortirent deux confédérations.
§ 51. La civilisation sous le rèone de l'aristocratie. — L'aristocratie déployait un certain éclat dans l'administration. Les relations générales et les besoins du temps amenèrent la création de plusieurs institutions utiles ; la France, sous Richelieu et Louis XIV, donna particulièrement l'exemple de la magnificence. Il fut suivi avec empressement par les princes et les gouvernements républicains. A Berne, Zurich. Zug, Bâle et aussi à Soleure, Lucerne, Stanz, etc., etc., lé gouvernement fonda beaucoup d'établissements de bienfaisance, des asiles, des hôpitaux, des orphelinats, des maisons de refuge, etc., etc. Les gouvernements de Zurich, Berne, Bâle et Zug s'occupèrent avec plus de sollicitude des écoles, des bibliothèques, du commerce et de l'industrie. A Berne et à Zurich, le gouvernement fit de grandes provisions de blé pour venir en aide au pays en cas de disette ; il organisa aussi un système de poste comme à l'étranger. Berne ouvrit des manufactures, aux frais de l'État, en 1690. Les superbes édifices publics de cette
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époque sont encore aujourd'hui rornement des villes principales; on distingue surtout Thôtel de ville de Zurich et celui de Lucerne. Berne canalisa la Kander, fit de Morges un marché important et voulait même unir les lacs de Neufchâtel et de Genève (1). Soleure, résidence des ambassadeurs français et Berne, Torgueilleuse cité patricienne, montrèrent le plus de faste. Soleure avait amassé un trésor considérable et pouvait ainsi prêter de grandes sommes d'argent au gouvernement français, et faire bâtir de nombreux et beaux monuments (roctroi, rambassade, Thôtel de ville, la direction des eaux, le pont d'Olten). Berne se constitua en grand État; le gouvernement réglait les diverses parties de l'administra tion par des chambres spéciales (chambre militaire , chambre du sel, des céréales, du commerce, chambre d'appel) ; il pouvait prêter de l'argent à toutes les banques de TEurope, et son épargne excita Tenvie et la convoitise de toutes les cours étrangères. Les gouvernements des divers cantons rivalisaient de zèle pour tout ce qui touchait au bien-être matériel de leurs sujets; ils tenaient à honneur de les assister paternellement dans les mauvaises récoltes, les fléaux, les disettes, etc., etc., et de prévenir rindigence et la mendicité par d'intelligentes mesures et par de^ secours. Plusieurs parties de la Suisse présentaient un aspect plus florissant que beaucoup de provinces des contrées voisines, dépeuplées et ravagées par la guerre. Un Anglais, peut-être trop partial, écrivait en 1686 : « L'Italie et la France ont une population clairt semée, pauvre et misérable ; il en est autrement de la « Suisse où elle fourmille. Bien que la nation ne soit pas « riche, il n'y a point chez elle de misère ; la plupart des
(1) Voir Schuler, Faits et coutumes efes Confédérés.