‹ Histoire du peuple suisseChapitre 66 sur 125 · ÉPOQUE DB L'ARISTOCRATIE · texte numérisé non relu

ÉPOQUE DB L'ARISTOCRATIE

« habitants vivent des produits de leurs terres. Partout « les maisons sont en bon état; les grandes routes sont « bien entretenues ; le peuple est bien vètù et jouit du « bien-être de Taisance. Les paysans français sont logés « dans de mauvaises chaumières, ne renfermant que « quelques meubles insuffisants et grossiers et de misé- « râbles lits; tandis qu*en Suisse ils ont non-seulement « le mobilier nécessaire, mais le confortable et même de « beau linge blanc (1)». L'aristocratie ne se contentait pas d'administrer, elle cultivait les arts et les sciences. Les demeures des riches bourgeois, des employés, et les édifices publics étaient somptueusement ornés. Les principaux de ces ornements étaient des peintures sur verre et des poêles élégants sur lesquels on représentait, avec une finesse merveilleuse, des scènes de Thistoire nationale, et de Texistence de chaque jour , accompagnées de vers ou de sentences pleines d'esprit et de verve (2). Les hautes études étaient vivement encouragées. En 1630, une société fonda à Zurich la bibliothèque de rÉtat qui, trente ans plus tard, comptait déjà 6,000 volumes. Schaffhouse en créait une en 1636, et, dans le même temps, celles de Berne et de B^le étaient considérablement augmentées. Des rangs de Taristocratie, particulièrement à Zurich, sortirent des hommes érudits qui s'adonnaient à la théologie, à la philologie, à Phistoire. Le Zurichois Jean-Henri Hottinger (1620-1667) méritait d'être cité parmi lés plus célèbres orientalistes. On lui doit une remarquable histoire universelle de l'Église; son fils écrivit celle de TËglise de la Suisse; Jean-Henri Heidegger acquit, par ses ouvrages théolo-

(1) Schuler, t. II, p. 129.

(2) Lûbke, Sur (e-i vieux jyoètes de la Suisse.

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